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8 septembre 2020

Le village

Oui je sais, j'ai déjà commis une aquarelle semblable il y a peu. Mais quand on aime, on ne compte pas.



C'est le même chemin, 4 kilomètres plus loin. Il s'ouvre au nord sur le village qui a une superficie de 15,7 km² et compte un peu moins de 300 habitants, à peine 19 au km². Il est à l'image des autres, sans prétention particulière, avec ses soucis, ses problèmes, ses projets, ses rires et ses pleurs... La vie y est agréable et paisible pour qui aime la campagne et accepte ses contraintes car il semble bien que le paradis n'existe pas ici-bas.

3 septembre 2020

D'une ruine


Une balade sur les monts du Vivarais en Ardèche au pied d'une ruine médiévale : le château de Pierre Gourde construit au sommet d'un gros rocher. Son nom vient du latin : petra gorda que d'aucuns traduisent par pierre de gord à cause de la nature friable du rocher mais qui pourrait signifier "grosse pierre" (celle qu'on voit de loin). Le château fut abandonné au XVII ème siècle, après les guerres de religion et ses pierres taillées ont servi à d'autres constructions.
Seules restent les paysages qu'on voyait de là-haut et on imagine sans peine les rudes conditions auxquelles étaient soumis les gardes chargés de la surveillance des alentours : soleils écrasants, pluies battantes, vents froids, hivers glacés, des milieux souvent hostiles et parfois étonnamment beaux.

27 août 2020

Chemin faisant

Jacques Lacarrière avait ainsi titré son ouvrage dans lequel il racontait dans les années 70 sa traversée pédestre d'une France aujourd'hui disparue.


Il est un chemin que j'emprunte régulièrement lors de mes balades le long de la Meuse. Elle est à 200 mètres environ à gauche. On ne peut pas la voir d'ici à cause de la haie.

En quittant la voiture, on marche quelque temps sur un chemin vicinal goudronné qui finit sous ce couvert. Au bout, la lumière et le regard embrasse la vallée herbeuse environnée de forêts. A droite un colline boisée, à gauche des prés avec des vaches placides ou des génisses espiègles et curieuses. Les rencontres sont assez rares, presque toujours les mêmes. On discute un peu, on échange quelques nouvelles et chacun repart dans ses pensées. Parfois un cadeau : l'espace de quelques secondes, un renard, un écureuil, une fouine ou autre... 

Chaque saison apporte ses changements, ses couleurs et on n'a envie de rien, juste goûter ce qui est généreusement offert, ramener une photo, un dessin, une herbe sèche...

23 août 2020

JOZPA

Dans un précédent article j'avais déjà évoqué un tag sur un pilier de pont de chemin de fer à propos d'une histoire de cocufiage. Voilà du neuf !

On peut penser ce qu'on veut et même le faire savoir dans notre beau pays et le dénommé JOZPA s'est servi dudit support pour faire connaître à tous ses opinions en même temps que certains petits soucis avec l'orthographe.






Tout d'abord, rendons grâce à la finesse du jeu de mot du pseudo et à cette sublime association paronymique "nic le nuc", véritable formule à l'emporte-pièce, résumé percutant d'une pensée puissante qui semble tout droit sortir d'un rap.
Malheureusement, passée la dorure stylistique et colorée, apparaissent rapidement quelques fragilités orthographiques comme :
- la méconnaissance de l'accentuation : l'accent grave semble ignoré au profit de l'aigu d'ailleurs "oublié" sur nucléaire. Quant à l'accent circonflexe...!!
- l'aléatoire lexical ; soumisson pour soumission
- l'accord hasardeux : occident et dégénérée ne s'accoupleront jamais... et c'est mieux ainsi.

C'est déjà assez pénible d'être pollué jusque dans les recoins bucoliques par des opinions dont on n'a que faire mais si en plus il faut en supporter les carences orthographiques, l'épaisseur d'une pensée engluée dans des lieux communs et des formules ressassées et rances, bref l'absence d'originalité,  le manque d'esprit, la disette de vivacité, le défaut d'humour, le déficit de pep's, cela devient déprimant.

16 août 2020

Hors du temps


A quoi rêve la jeune femme ? A quelles chimères s'abandonne-t-elle ?
Chut !... Laissons-la !.... Elle est dans son monde, dans un instant hors du temps.
Elle est bien et cela lui suffit.

6 août 2020

Abandon


Il y a encore une vingtaine d'années et plus, on pouvait voir de vieux engins agricoles envahis par les ronces et les broussailles pourrir tranquillement dans un coin de champ. Cela avait quelque chose de pathétique. Quand je me suis décidé à en peindre, ils n'existaient plus ; tout avait disparu. Sans doute le concept de "pollution" aidé de quelques arrêtés préfectoraux avaient fait leur chemin et ont eu raison de ces dépôts sauvages.
Cette machine semble abandonnée à cause de la végétation pionnière qui s'approprie les lieux. Son propriétaire m'a assuré du contraire. Mais ne le répétez pas car avec un peu d'imagination, on pourrait croire à un retour de quelques décennies en arrière. Et puis, il me restait un manque à combler...

27 juillet 2020

Nora



Des miracles existent... Parfois.

Nora est une chienne de race indéterminée de trois ans et demi. Elle appartient à un couple d'amis qui l'a sortie d'un chenil de la SPA. Elle était alors pouilleuse comme une gare avec de longues tresses de poils agglutinés par la crasse. Il a fallu la tondre, la laver et la désinfecter tant de l'extérieur que de l'intérieur.

Son existence d'avant a dû être assez terrible. Abandonnée à elle-même et ne pouvant compter sur personne d'autre qu'elle, c'était une sauvageonne sans éducation et très agressive avec ses congénères.
Il a fallu l'aide d'un éducateur canin et d'un collier à impulsions pour lui apprendre les rudiments du rappel et du vivre-ensemble.

C'est maintenant un amour de chienne, avide de caresses qui a trouvé la paix et la sérénité dans un milieu aimant et ouvert sans aucune velléité de fuite ou d'indépendance et dont l'agressivité en net recul se manifeste encore un peu lorsqu'elle est en laisse, c'est à dire lorsqu'elle se sent attachée. Le temps et la patience se chargeront de la rassurer.

14 juillet 2020

Fleur bleue


S'il est entendu que le vrai jardinier se découvre devant la pensée sauvage, savez-vous qu'il cache néanmoins au plus profond de soi un désir inassouvi ? Celui de posséder dans un coin de son jardin un joyau qui a pour nom le pavot bleu de l'Himalaya... Pas un hybride... Le vrai !

Seulement la belle est bien trop capricieuse et sauvage pour accepter la moindre relégation. Elle vit à haute altitude et se mérite au point de n'avoir été découverte qu'en 1886 à 4000 mètres sur le plateau tibétain. 

Alors quel bonheur pour qui sait la surprendre tôt le matin, à son lever, toute frissonnante et couverte de rosée !

26 juin 2020

Eloge de la lenteur

Il est plus que probable que partout dans le monde et à toutes les époques, des penseurs, des sages ont éprouvé la nécessité de lâcher prise dans la frénésie ambiante et avec leurs mots ont fait l'éloge de la lenteur.


Voici quelques exemples notés au hasard de mes rencontres :

Sénèque : L'homme doit se libérer d'un excès de travail
                que le zèle ou l'urgence ont poussé à un tel point
                que l'individu n'a plus le temps de réfléchir
                sur lui-même et sur le sens de sa vie.

Sagesse asiatique : Maintenant est primordial et inclut
                               l'univers entier, changeant et impermanent.

              Le bonheur provient de l'attention des petites choses.
              Le malheur, de leur négligence.

Steve de Masco, maître Kung-Fu : Rappelez-vous de profiter du voyage
                                                        pas à pas, moment par moment.
                                                        Il n'y a aucun raccourci.

Philippe Val, (un jour sur France inter) :
              
                  Faire l'éloge de la rapidité
                c'est faire l'éloge de la médiocrité.

Et enfin Jean-Pierre Chabrol in Colères en Cévennes.

   Je ne veux pas me presser, même quand je parle, je me refuse à entrer dans la compétition de vitesse, cette maladie de l'époque. Le récit aussi doit s'arrêter pour pisser sur le bord de la route et regarder le ciel en se soulageant.

2 juin 2020

Iris des marais


L'iris des marais me fait penser au lotus d'Asie dans la mesure où il puise sa beauté dans la fange.
De là à conclure que les plus belles plantes -(sans restriction de sens)- naissent volontiers entre les pavés et plongent  leurs racines dans le commun, les résidus de charriages voire la boue, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement. Pour s'en convaincre, il suffit juste de laisser filer un peu la métaphore...

27 mai 2020

Croqué sur le vif

J'avais posé le carnet dans l'herbe pour faire sécher l'aquarelle et comme le blog vit un peu au ralenti...





Ma promenade quasi-quotidienne m'a amené sur un lieu-dit appelé "Sous Naucuré" et qu'il faut lire "Sous nos curés". Il désigne un bois ayant peut-être, voire vraisemblablement appartenu jadis à des Prémontrés dont le couvent appelé "Le Prieuré" fut démantelé sous la Révolution. 
Le chemin ainsi appelé longe la Meuse et donne sur des prés où on laisse s'installer une végétation arbustive pionnière en attendant l'arrivée hypothétique de la forêt tout près. J'aime cet endroit où la nature se montre opulente et "chez elle" et où les rares promeneurs se sentent un peu comme des invités.

5 mai 2020

Arrêt sur image


La pluie me déprime et je n'aime pas être mouillé. Je déteste me baigner et pourtant l'eau m'attire.
Qu'elle soit vive, dormante ou croupissante, elle est la vie, la liberté, la force dévastatrice lorsqu'elle est colère, la patience sans borne quand elle use, érode et sape les matériaux les plus durs. Ses murmures, ses glouglous, ses clapotis et autres gargouillis sont doux à l'oreille et au mental. Sa virtuosité et sa souplesse fascinent l'oeil qui a envie de stopper le mouvement, de faire un arrêt sur image, de saisir pour la garder, une parcelle d'impossible. 

30 avril 2020

La fumée qui gronde



Mosi-oa-Tunya, la fumée qui gronde ; c'est ainsi que les populations locales appelaient ces chutes que David Livingston nomma "Victoria" en 1855 en l'honneur de la reine.

Le fleuve Zambèze tombe d'une hauteur de 100 mètres en une succession de cataractes s'étalant sur 1,7 kilomètre. Cela représente des centaines, voire des milliers de mètres cubes d'eau à la seconde selon la saison. Le nuage d'eau pulvérisée peut s'élever à plusieurs centaines de mètres de haut et est visible à plusieurs kilomètres.

Le bruit est assourdissant, le spectacle hypnotique. C'est grandiose !!

17 avril 2020

Complicité



Chien. Sorte de divinité de substitution.
Cette entité sacrée tient dans le coeur de la femme
une place à laquelle nul humain de sexe mâle
ne pourra jamais prendre. (Ambrose Bierce).

Mon chien est insupportable
mais je le garde pour des raisons sentimentales :
mon mari le déteste. (Juliette Récamier).

Pour son chien tout homme est Napoléon.
C'est ce qui explique la grande popularité des chiens. (Aldous Huxley).

Mon chien est athée :
il ne croit plus en moi. (François Cavanna).

Si votre chien pense
que vous êtes le meilleur,
n'allez pas chercher 
un autre avis. (??)

Ce qui est plaisant avec un chien
c'est qu'on peut faire l'idiot avec lui et 
que non seulement il ne vous fera aucun reproche
mais il va faire l'idiot lui aussi.(Samuel Butler).

Entre le chien et son maître
il n'y a que le saut d'une puce. (Jules Renard).

7 avril 2020

enveloppes anticonfinement

Pour s'échapper un peu du confinement, voici quelques enveloppes venues d'ailleurs.



Ces magnolias envoyés en novembre dernier depuis Puerto del Carmen, île de Lanzarote, province de Las Palmas aux Canaries.


Cette pensée de culture est arrivée en février dernier depuis Fayetteville en Caroline du Nord USA.


Et puis d'Afrique du Sud, cette enveloppe automnale abandonnée aux mains d'un employé d'un hôtel de Cap Town  avec l'argent des timbres pour l'envoi. J'avoue que j'avais peu d'espoir de la voir arriver un jour à son point de départ. Et puis, tout benoîtement, elle a suivi son chemin jusque dans la boite aux lettres en février dernier. London n'a-t-il pas écrit que la chance souriait à ceux qui ne désespèrent jamais ?



Et puis ce malheureux tournesol abandonné dans ce qu'on m'a dit être une boîte aux lettres dans une petite ville du Zimbabwe où se trouvent les chutes Victoria, une des rares sources de richesse de la région. Il est arrivé début mars !




Le Swaziland, vous connaissez ? On l'appelle aussi la Suisse de l'Afrique du Sud à cause de sa  verte beauté. C'est un royaume minuscule coincé entre l'Afrique du sud et le Mozambique. L'enveloppe est arrivée en février, moins de trois semaines après son envoi, le temps mis également par les deux autres.







17 mars 2020

Zell am Ziller

Quelques croquis bucoliques d'un petit coin d'Autriche nommé Zell am Ziller qu'on pourrait peut-être traduire, à l'origine,  par "loge" ou "habitation" ou "ensemble d'habitations" au bord du Ziller, nom de la rivière qui descend de la montagne et qui lors de la fonte des neige peut se transformer en torrent assez impétueux au vu des travaux qui ont été faits pour le contenir.



Il y a énormément de petites chapelles nichées au coin d'un sentier en Autriche. Elles sont toujours très bien entretenues et ouvertes au public respectueux des lieux.

J'ai bien aimé ce vieux tonneau tout déglingué et la fontaine ci-dessous à l'entrée d'un musée des traditions malheureusement fermé.


Ah, ces cabanes en bois, remises ou granges construites à flanc de montagne si caractéristiques ! Difficile de ne pas en croquer au moins une et si en plus un banc vous y invite...

20 février 2020

Zambèze

Le fleuve Zambèze, long de 2750 km coule en Afrique australe. Il forme avec ses affluents le quatrième bassin hydrographique du continent avec 1 330 000 km² selon Vikidia (1 250 000 km² d'après Encyclopédia universalis). Ne chipotons pas pour 80 000 km² et disons qu'il draine beaucoup mais beaucoup d'eau.


Il vaut mieux éviter de s'y baigner et il est conseillé d'utiliser un gros bateau pour s'y promener car la moindre erreur peut avoir des conséquences très fâcheuses. Le danger est omniprésent : hippopotames lourdauds et placides aux mâchoires broyeuses, crocodiles immobiles comme des troncs d'arbres surgissant soudain, reptiles furtifs, invisibles, toxiques, volatiles aux aguets aux plongeons précis et meurtriers, insectes sournois avides de sang aux piqûres douloureuses et parfois mortelles... Et j'entends Jack London me murmurer à l'oreille : "Dans le Wild aucune créature ne peut être sûre de rien. Tout peut changer en un instant, tout peut se produire".

 Ici, le respect de la nature va de soi. Point n'est besoin d'afficher ses convictions.

8 février 2020

Gazette

Sur le trajet de mes balades, je rencontre souvent les mêmes personnes. On discute un brin, on rit, on commente les dernières annonces, on reconstruit des bouts de monde à notre main... Même un mur du pont de chemin de fer s'est joint à la conversation. J'y avais trouvé le texte raturé que voici :



                  et je n'eus guère à attendre pour en connaître le contenu initial :

F... (nom d'homme)
est koku
par ... (nom de femme) et ... (nom d'homme).

Bien évidemment, il y avait là matière à se gausser des déconvenues amoureuses de F..., de l'orthographe, de la manière de procéder, de l'endroit.... Au-delà de cette anecdote stupide qui nous a bêtement et bien mis en joie, on peut s'interroger sur les motivations du scripteur-tagueur. Pourquoi ce désir de nuire ? Amoureux éconduit ? Vengeance alcoolisée ou non ?.... 

Toujours est-il que le texte fut rapidement biffé sans doute par l'un des protagonistes. Mais le mal était fait. C'est dire si les nouvelles circulent rapidement à la campagne, même dans les endroits les plus reculés en apparence.

3 février 2020

Manchots africains

A une quarantaine de kilomètres au sud de la ville du Cap en Afrique du sud, dans la Baie False, sur la plage Boulder, une colonie de manchots s'est installée au cours des années 1980.


Les autorités ont demandé aux plagistes de se pousser un peu pour laisser de la place à ces petits êtres charmants d'une cinquantaine de centimètres de haut qui vivent paisiblement en couples pérennes dans l'espace qui leur est réservé. Une passerelle en bois permet au public de visiter cette colonie sans la déranger et c'est un ravissement.


Il arrive que certains s'égarent sur la plage des humains ou sur les parkings entre les voitures et leur espièglerie est un plaisir sans cesse renouvelé.





7 janvier 2020

Silence



L'homme a quitté l'estive, la nature a repris ses droits.
Elle est sans concession, froide et pure. 
Mort apparente nécessaire, temps laissé aux forces invisibles pour se rassembler, se tendre avant l'explosion de vie en germe.
Cycle millénaire immuable qui se rit des prétentions humaines à vouloir construire des tours de Babel pour atteindre l'indicible. Pff...

NB La photo originale est de monsieur Philippe La Cour, parue dans l'agenda 2020 d'Ardèche.
Avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'éditeur : Septéditions, (www.septeditions.com) que je remercie.