La petite voix, vous connaissez ? Celle qui vient parfois se mettre en travers de votre chemin, celle qui joue au grain de riz dans la chaussure, celle qui vient vous seriner et qui arrive même à vous mettre les nerfs en pelote. Ecoutez ça : je revenais de Domrémy, il était environ 14 heures et je voulais m'arrêter dans ma supérette préférée pour quelques achats. Seulement elle n'ouvre qu'à 14 heures 30. Que faire ? Rentrer chez moi pour repartir peu après ou m'arrêter et croquer quelque chose en attendant ? J'opte pour la seconde solution et voilà la petite voix ;
- Mais tu sais bien qu'il n'y a rien à dessiner ici ! D'ailleurs chaque fois que tu prends cette route, tu ne trouves rien d'intéressant !
Je prends la première petite route à gauche. Un panneau indique : "route barrée à 300 mètres"
- Tu vois bien, tu vas être obligé de faire demi-tour !
Je m'arrête dans le premier chemin creux et coupe le moteur.
- Mais qu'est-ce que tu vas dessiner ? Il n'y a rien, rien, trois fois rien ici !
Et là, j'appelle Raymond Devos à mon secours : - Rien c'est rien ; deux fois rien ce n'est pas grand chose ; mais trois fois rien, c'est déjà quelque chose ! Et pour enfin lui clouer le bec j'enchaîne avec Pierre Desprosges : - ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g... !
Alors voilà, c'est tout juste sec et ça sort du néant.