Il avait poussé là, tout seul, un peu à l'écart... Sans doute une graine perdue par un oiseau ou un courant d'air... Et puis, il avait grandi librement à découvert en plein vent, en pleine nature. Il était devenu un bel arbre vigoureux, souple et solide. On le voyait de loin. Il était connu. C'était une sorte de repère pour le promeneur. Son couvert invitait au casse-croûte, au repos, à la contemplation... Jusqu'à cette nuit horrible. L'orage avait été d'une violence inouïe, bousculant, balayant, abattant, nettoyant tout. Il avait pourtant vaillamment résisté. Ce n'était pas la première fois... Brutalement, sans prévenir, la foudre l'avait décapité. Le temps a passé. Maintenant, ce n'est plus qu'un squelette amputé qui attend le dernier coup de vent.