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8 septembre 2018

Carnet de balades



"C'est nul, y'a rien ici..." Combien de fois me suis-je répété cela ? En ai-je fait des kilomètres pour dénicher l'impossible endroit "idéal", angle "idéal", moment "idéal". Il y avait toujours un obstacle, quelque chose qui gênait : toujours trop ceci, pas assez cela... Jusqu'au jour où j'ai compris ce qu'est la procrastination. Alors quelqu'un m'a soufflé : "y'a tout à dessiner. Prends juste ton crayon, tes couleurs et tes pinceaux et regarde autour de toi". Bref : just do it.


Alors voilà : sur la grosse pierre plate qui sert de table sur la terrasse chez Luc, un bout du jardinet et


quelques pêches de vigne ; dans la voiture des baies d'aubépine tenues par une pince,


une entrée insolite du village ; depuis un banc de pierre du côté de Bazoilles sur Meuse un bouquet d'arbres, un bout de pré ;


sur un poteau de parc des crayonnés de vaches qui bougent tout le temps ; depuis la voiture sur un chemin au-dessus de Pompierre...

26 août 2018

Fuget irreparabile tempus



Il y a une histoire sous chaque pierre, derrière chaque piquet de clôture.

Ces deux-là, je les connais depuis que j'ai posé mon sac par ici... Bientôt trente ans !!

Inséparables, unis par un fil de fer rouillé, ils marquent toujours une limite de pâture. Pourquoi les bêtes sont-elles parties ? Peut-être les a-t-on changées de pré, peut-être le propriétaire devenu trop vieux s'en est-il débarrassé faute de repreneur, peut-être... 

Les ronces se sont installées. Elles permettent l'arrivée de petites haies. Et puis une végétation pionnière viendra occuper les lieux. Elle ensevelira lentement le vieux couple.

On peut inventer d'autres possibles pour continuer l'histoire ou la refaire. Si cela vous tente...

14 août 2018

Bord de Loire




"Le fûtreau (fustreau, futereau) est un petit bateau des riverains de la Loire qui sert à transporter d'une rive à l'autre ou bien à la petite pêche. [...]. C'est le plus petit des bateaux de la Loire. Cette petite embarcation permet d'aller facilement d'un endroit à l'autre."

La définition de Wicki Anjou semble bien répondre à mon questionnement de fin juin alors que je me baladais en bordure du fleuve près d'Angers : "Comment appelle-t-on dans le parler local ces barques à fond plat amarrées sur les bords de Loire ?"

 C'est un cours d'eau que j'aime retrouver à cette époque de l'année. Il est dangereux, puissant et plein de poésie.

4 août 2018

Envol


L'avocette aime les vasières, les bancs de sable, les estuaires et marais salants. Elle niche près de l'eau saumâtre, sur des îles basses des lagunes, dans les prés humides. Elle peuple les zones côtières et il y a peu de chance d'en rencontrer en bordure de Meuse. L'oiseau est gracieux et élégant.

Dernièrement, j'ai déniché dans le blog de Sirius (veaugues.over-blog.com) un envol d'avocettes. Et avec son aimable autorisation ...

31 juillet 2018

Même les vairons !




Les migrations saisonnières donnent de temps à autre des coups de sang à Bison Futé qui une fois de plus avait vu rouge ce w.e. Même les vairons qui d'habitude pullulent à cet endroit étaient partis ! Et ce monsieur fort sympathique en faisait les frais. Il avait pourtant apporté des mets de choix : vers de fumier soigneusement choisis et asticots gras à souhait pour attraper de de la friture destinée à servir d'appâts pour des perches et brochets !! Rien n'y faisait, les poissons étaient aux abonnés absents.

Je savais qu'au mois d'août une partie du pays entrait en léthargie mais de là à imaginer que la population halieutique de la Meuse avait mis la clé sous la vase ...

28 juillet 2018

Renaissance




Au printemps dernier, je fus invité à participer à une exposition à Chalindrey, dans le pays langrois.

Une participante voisine présentait des oeuvres abstraites. Dans certaines, le figuratif restait sous-jacent. L'une d'elles évoquait une rivière dans un paysage encore désolé suite à une intense sécheresse ou un ancien incendie ou pire... La vie renaissait doucement après une période de fortes turbulences.

J'ai réalisé sur place une aquarelle qui a eu l'heur de lui plaire et ... surprise !! Dernièrement est arrivée par courriel la photo du tableau encadré. Merci pour le partage.

Mea culpa, la photo a été prise légèrement inclinée et en "enlevant" le bois du cadre pour obtenir un beau rectangle, j'ai réussis à obtenir une fenêtre bancale !! 

23 juillet 2018

Péché de gourmandise


Hier, dimanche 22 juillet se terminait l'exposition qui a duré toute la semaine  à l'ancienne chapelle Diderot à Langres et à laquelle j'avais été invité à participer.

Une dame, assise à une table, avait commencé une aquarelle de la ville. A côté d'elle un ouvrage avec des peintures de Manuel Rubalo, un artiste que je ne connaissais pas. Ses toiles faites au couteau sont fraîches et lumineuses. Elles font penser à des aquarelles.  Alors j'ai pris mon carnet pour, péché de gourmandise, en croquer un petit bout.

18 juillet 2018

Fracture




Parfois, c'est l'homme qui ouvre les hostilités, alors ça s'appelle une carrière. Au pied de la colline, de puissantes machines qui font penser à des scarabées la grignotent petit à petit.

   Mais il arrive aussi qu'elle n'a besoin de personne. D'énormes tensions internes dues aux gels successifs, aux ruissellements sous-terrains, aux sécheresses torrides,  aux imperceptibles mouvements de l'écorce terrestre déséquilibrent par petites touches et pendant des siècles ou davantage une cohésion qu'on croit éternelle. Et un jour, sans prévenir, pffuiit.... La terre se fracture brusquement et des millions de tonnes de rochers dévalent la pente dans un immense nuage de poussière semant le chaos. Et puis le silence et le calme reviennent, la vie reprend timidement, puis s'enhardit. Un nouvel équilibre s'est installé. Un village vit paisiblement sur l'autre versant.

7 juillet 2018

Essai











Alors voilà, je viens de changer de machine et les boutons ont changé de nom et de place et faut que je réapprenne à conduire. En attendant que de nouveaux automatismes s'installent, je me hasarde à un premier essai avec deux pages de carnet faites chez des amis à Juigné sur Loire, à côté d'Angers.

Les fleurs et feuilles de la seconde page sont réalisées directement au pinceau (à la chinoise), un exercice que j'aime bien car il ne souffre aucune retouche.


18 juin 2018

Chez Nanou



"Mais c'est chez Nanou !... Viens voir chéri, c'est chez Nanou !.... Oh, mais je reconnais, c'est chez Nanou !...
- C'est qui Nanou ? 
- Ben, c'est la dame qu'habite là !!".

Peut-être vous est-il déjà arrivé de tout comprendre de travers, d'avoir l'impression que la journée est décidément placée sous le signe de l'incompréhension, que la réalité la plus banale vous glisse entre les doigts ?

Je fus invité le 10 juin dernier à participer à une manifestation "Peintres dans la rue" à Lafauche, charmant petit village haut-marnais. Quelques semaines auparavant, j'avais bien reçu toutes les instructions, modalités, horaires etc... Mais lues partiellement puis égarées, j'avais pensé qu'il s'agissait de peindre un petit bout du village et  j'avais opté pour un coin des ruines du château féodal qui coiffe Lafauche...

Et bé non, on pouvait peindre ce qu'on voulait, comme on voulait mais pas où on voulait et on m'avait assigné une place restante à mi-pente dans une rue vu mon arrivée tardive après des remontrances véhémentes de l'organisatrice, l'index pointé dans un mouvement vertical de va et vient : "T'as don pas lu c'que j'tai écrit ?!! C'était bien la peine..."

Sentiment diffus de culpabilité et de grande solitude de l'élève qui reste seul à ne pas comprendre des consignes élémentaires.

Me suis donc planté devant chez Nanou. C'est la dame qui habite là derrière le portail et c'est évident pour tout le monde.

8 juin 2018

Courrier à pétales


J'ai préféré attendre d'avoir un petit peloton d'enveloppes plutôt que les envoyer par ordre d'arrivée.






Il arrive parfois que certaines personnes se prêtent au jeu et se prennent le temps de m'envoyer une enveloppe fleurie. Curieusement ce sont des femmes. Faut-il en conclure que la peinture à l'eau est une activité féminine ? Celle-ci vient de la Pointe de Grave (extrémité septentrionale du Médoc et du département de la Gironde). "Tu vois que je suis nulle pour dessiner les fleurs" m'écrit-elle. Je vous laisse juge.





En voici une (recto / verso) qui a été faite en Chine mais envoyée depuis la France car il est parfois difficile de se procurer des timbres dans certains pays comme l'indique la petite note à gauche sur le verso.





Alors que je terminais ce bleuet des champs pendant une exposition locale, un couple intéressé par la démarche me dit : "Ah mais nous partons prochainement en Corse. Si vous...." Et  revoilà ce bleuet voyageur qui revient d'Ajaccio. Savoir laisser du temps au temps dans ce monde où tout est monnayé donne à penser que malgré tout, il existe encore du beau monde sur terre.



L'hibiscus et la bourrache reviennent de Porto Moniz, sur l'île de Madère, l'île aux fleurs.




Quant à ces deux branches de cerisiers en fleurs, elles arrivent tout droit d'Italie : l'une du Vatican et l'autre d'Alberobello dans les Pouilles. Un petit indice vous permettra de faire la part des choses.


Cette dernière a été postée à Prague. Le tampon "prioritaire" n'est qu'un clin d'oeil effectué en France avant le départ en République Tchèque.

Grand merci à toutes ces personnes qui savent encore prendre du temps en vacances.

23 mai 2018

Magie des lieux



Ervy-le-Châtel surplombe la vallée de l'Armance dont le paysage plat, lisse et calme offre une espace panoramique à la vue et au vent. Ce jour-là, il n'y en avait pas. Le temps était serein et invitait à la rêverie vagabonde.



A un trait d'arbalète, l'église de Chessy-les-Prés dans un décor bucolique.

Ervy, Chessy, ces noms fleurent l'ancien français qui avait fixé des origines latines bien plus anciennes : Arviacus pour le premier et Cassiacus pour le second, noms d'hommes qui ont probablement donné le leur  à ces endroits... 

L'esprit s'évade, magie des lieux.

16 mai 2018

Petite dernière



Une petite dernière avant la route... Cette page a été réalisée la dernière après-midi de stage à Ervy-le-Châtel chez Sylvie Vernageau. Il s'agissait de travailler surtout dans l'humide à partir d'une oeuvre de Jean Dotaro.

Plaisir de voir fuser les pigments en liberté... surveillée.

6 mai 2018

Ervy-le-Châtel (suite)

Ce qui m'a bien plu lors du stage chez Sylvie Vernageau, c'est la concision de ses consignes.



Ici, le but n'était pas d'obtenir une aquarelle aboutie mais de réaliser avec une économie de couleurs une diversité de nuances et de jouer avec la lumière et les ombres.
Couleurs utilisées  : jaune auréoline (ou primaire) + gris de payne pour les verts.
                              vert émeraude + violet pour les gris bleutés
                              blanc du papier et une touche de rouge pour réchauffer un peu l'ensemble.

J'avoue que jusqu'à présent, j'hésitais à me servir du gris de payne qui a tendance à "salir" les couleurs et j'étais loin de m'imaginer qu'en l'associant assez judicieusement à du jaune, on pouvait obtenir une intéressante variété de verts.



Pour ce moyen duc, il fallait avec peu de couleurs représenter l'étonnement ou l'espièglerie de l'oiseau en travaillant le regard, les yeux.

23 avril 2018

La grappe

Je réussis peu à peu à me dégager de certaines priorités pour consacrer un peu de temps à l'aquarelle.
Je viens de passer trois jours en immersion complète à Ervy-le-Châtel (Aube) dans l'atelier de Sylvie Vernageau. Des cours bien structurés et des démos pas à pas très intéressantes à partir de photos, une ambiance sympathique et chaleureuse, bref que du bonheur !!



Le premier exercice fut une grappe de raisin à représenter le plus exactement possible. En effet, s'il peut être parfois intéressant de peindre directement ou en s'aidant de quelques traits de repère, il est indispensable de revenir aussi aux fondamentaux.

L'exercice fut également l'occasion, au passage, de "percer" le mystère de l'effet de pruine sur les fruits, d'obtenir une gamme de verts d'une manière plutôt inattendue et quelques autres petites techniques ou "trucs" ou "recettes" pouvant ici ou là agrémenter un peu le plat principal.

4 avril 2018

Courrier végétal

Comme le courrier se fait rare ces temps-ci, je vide ma réserve.



Tout d'abord, la plus récente par ordre d'arrivée et paradoxalement la plus ancienne puisqu'elle porte le numéro 1. Elle est partie de Campitello di Fassa en Italie avec un beau timbre représentant un paysage des Dolomites.




Les deux suivantes viennent de La Fortuna au Costa Rica. Il n'y a pas d'adresse et donc pas de facteur dans ce pays. Les postes semblent rares et servent surtout pour les liens avec l'étranger ; elles font aussi office de banque d'après ce que j'y ai vu. Pour le courrier et les colis entre habitants, tout à l'air de se faire par le bouche à oreille et la débrouille. C'est curieux et assez déstabilisant.



Enfin la dernière... Elle m'est chère parce que rare vu qu'elle vient de l'Île de Pâques.

24 mars 2018

Croquis d'après Elizabeth Tuckett



Dans la petite bibliothèque de l'espace détente / lecture de l'hôtel, en feuilletant un ouvrage consacré à la peinture, quelques croquis à l'encre d'Elizabeth Tuckett m'ont donné envie de les reproduire et de les aquareller légèrement pour les rendre un peu moins austères.



Je n'avais jamais entendu parler de cette femme et glouglou ne m'en apprend guère davantage car tout est en anglais. J'ai toutefois cru comprendre qu'en séjournant au Tyrol et dans les Dolomites, elle avait tenu un carnet de voyage et j'ai aimé ses croquis assez dépouillés et beaux.

16 mars 2018

Crayonné



Sur les murs de l'espace lecture et détente de l'hôtel, quelques tableaux d'un peintre local : Renato Fuccini. Ses peintures font penser à celles de Vlaminck. Ce monsieur fait aussi des aquarelles et des dessins au crayon.

Le temps était froid, maussade, neigeux... Un temps à sortir le carnet pour reproduire ce que j'avais sous les yeux c'est à dire un crayonné avec un stylo à bille. Un pinceau humide a ensuite suffi pour étaler l'encre aux endroits voulus.

9 mars 2018

Le guetteur




C'est probablement une constante qui semble universellement présente dans toutes les cultures que de peupler l'imaginaire forestier de créatures difformes et surnaturelles.

J'ai trouvé ce petit bonhomme en bois sculpté et peint d'environ 80 cm de haut à l'entrée d'un espace lecture d'un hôtel italien quelque part dans les Dolomites. Comme je le trouvais sympathique et que le temps était blanc et froid ... A ses pieds, une plaque en cuivre gravée en italien et en allemand dit ceci :

Le peuple des hommes de la forêt.
Le guetteur surveille sur un rocher solitaire 
et il envoie un message à son peuple à l'aide d'un cor

19 février 2018

Curiosités costariciennes


Tout d'abord cet arbre-tomate. Ses fruits comestibles ressemblent assez au-dit légume.
Et puis ce lézard gras et dodu qui a une forte tendance à se confondre avec  son support par mimétisme. Cela fait drôle lorsqu'on s'aperçoit qu'on a mis sa main à quelques centimètres de l'animal sans s'en être rendu compte.



Sur le fleuve Sarapiqui un oiseau-serpent se faisait sécher les ailes au soleil. Il doit son nom à sa façon de nager, sa tête et son bec fendent l'eau à la manière d'un reptile. Et puis ces crocodiles qui peuvent atteindre 6 mètres de long. Leur grande placidité n'est qu'apparente car ils peuvent se retourner en quart de seconde ne laissant guère de chance à une éventuelle proie qui ne les aurait pas aperçus. Très impressionnant !


Et puis les iguanes, énormes lézards qui semblent sortis tout droit de la préhistoire. Plusieurs variétés et plusieurs tailles (2 mètres et plus à 50 cm). La plupart d'entre eux vivent sur des arbres, ils sont végétariens. Les plus petits sont assez sociables. On peut en voir sur les trottoirs ou sous des voitures garées. Personne n'y prend garde, ils font partie du quotidien.


                       "L'esprit de la tolérance est l'art d'être heureux en compagnie des autres".

De passage dans une école primaire (les enfants étaient en vacances), j'ai été attiré par un ensemble de petits textes sur la tolérance affichés aux murs. Les élèves pouvaient apprendre ou retenir par imprégnation les messages de leur choix. Et je me suis dit qu'ils étaient dans le vrai en se positionnant dans la durée et non pas dans l'événementiel, le passager, le jetable, la journée machin, la journée chose etc... oubliée dès le lendemain.