image

image

Traduire

26 juin 2020

Eloge de la lenteur

Il est plus que probable que partout dans le monde et à toutes les époques, des penseurs, des sages ont éprouvé la nécessité de lâcher prise dans la frénésie ambiante et avec leurs mots ont fait l'éloge de la lenteur.


Voici quelques exemples notés au hasard de mes rencontres :

Sénèque : L'homme doit se libérer d'un excès de travail
                que le zèle ou l'urgence ont poussé à un tel point
                que l'individu n'a plus le temps de réfléchir
                sur lui-même et sur le sens de sa vie.

Sagesse asiatique : Maintenant est primordial et inclut
                               l'univers entier, changeant et impermanent.

              Le bonheur provient de l'attention des petites choses.
              Le malheur, de leur négligence.

Steve de Masco, maître Kung-Fu : Rappelez-vous de profiter du voyage
                                                        pas à pas, moment par moment.
                                                        Il n'y a aucun raccourci.

Philippe Val, (un jour sur France inter) :
              
                  Faire l'éloge de la rapidité
                c'est faire l'éloge de la médiocrité.

Et enfin Jean-Pierre Chabrol in Colères en Cévennes.

   Je ne veux pas me presser, même quand je parle, je me refuse à entrer dans la compétition de vitesse, cette maladie de l'époque. Le récit aussi doit s'arrêter pour pisser sur le bord de la route et regarder le ciel en se soulageant.

2 juin 2020

Iris des marais


L'iris des marais me fait penser au lotus d'Asie dans la mesure où il puise sa beauté dans la fange.
De là à conclure que les plus belles plantes -(sans restriction de sens)- naissent volontiers entre les pavés et plongent  leurs racines dans le commun, les résidus de charriages voire la boue, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement. Pour s'en convaincre, il suffit juste de laisser filer un peu la métaphore...

27 mai 2020

Croqué sur le vif

J'avais posé le carnet dans l'herbe pour faire sécher l'aquarelle et comme le blog vit un peu au ralenti...





Ma promenade quasi-quotidienne m'a amené sur un lieu-dit appelé "Sous Naucuré" et qu'il faut lire "Sous nos curés". Il désigne un bois ayant peut-être, voire vraisemblablement appartenu jadis à des Prémontrés dont le couvent appelé "Le Prieuré" fut démantelé sous la Révolution. 
Le chemin ainsi appelé longe la Meuse et donne sur des prés où on laisse s'installer une végétation arbustive pionnière en attendant l'arrivée hypothétique de la forêt tout près. J'aime cet endroit où la nature se montre opulente et "chez elle" et où les rares promeneurs se sentent un peu comme des invités.

5 mai 2020

Arrêt sur image


La pluie me déprime et je n'aime pas être mouillé. Je déteste me baigner et pourtant l'eau m'attire.
Qu'elle soit vive, dormante ou croupissante, elle est la vie, la liberté, la force dévastatrice lorsqu'elle est colère, la patience sans borne quand elle use, érode et sape les matériaux les plus durs. Ses murmures, ses glouglous, ses clapotis et autres gargouillis sont doux à l'oreille et au mental. Sa virtuosité et sa souplesse fascinent l'oeil qui a envie de stopper le mouvement, de faire un arrêt sur image, de saisir pour la garder, une parcelle d'impossible. 

30 avril 2020

La fumée qui gronde



Mosi-oa-Tunya, la fumée qui gronde ; c'est ainsi que les populations locales appelaient ces chutes que David Livingston nomma "Victoria" en 1855 en l'honneur de la reine.

Le fleuve Zambèze tombe d'une hauteur de 100 mètres en une succession de cataractes s'étalant sur 1,7 kilomètre. Cela représente des centaines, voire des milliers de mètres cubes d'eau à la seconde selon la saison. Le nuage d'eau pulvérisée peut s'élever à plusieurs centaines de mètres de haut et est visible à plusieurs kilomètres.

Le bruit est assourdissant, le spectacle hypnotique. C'est grandiose !!

17 avril 2020

Complicité



Chien. Sorte de divinité de substitution.
Cette entité sacrée tient dans le coeur de la femme
une place à laquelle nul humain de sexe mâle
ne pourra jamais prendre. (Ambrose Bierce).

Mon chien est insupportable
mais je le garde pour des raisons sentimentales :
mon mari le déteste. (Juliette Récamier).

Pour son chien tout homme est Napoléon.
C'est ce qui explique la grande popularité des chiens. (Aldous Huxley).

Mon chien est athée :
il ne croit plus en moi. (François Cavanna).

Si votre chien pense
que vous êtes le meilleur,
n'allez pas chercher 
un autre avis. (??)

Ce qui est plaisant avec un chien
c'est qu'on peut faire l'idiot avec lui et 
que non seulement il ne vous fera aucun reproche
mais il va faire l'idiot lui aussi.(Samuel Butler).

Entre le chien et son maître
il n'y a que le saut d'une puce. (Jules Renard).

7 avril 2020

enveloppes anticonfinement

Pour s'échapper un peu du confinement, voici quelques enveloppes venues d'ailleurs.



Ces magnolias envoyés en novembre dernier depuis Puerto del Carmen, île de Lanzarote, province de Las Palmas aux Canaries.


Cette pensée de culture est arrivée en février dernier depuis Fayetteville en Caroline du Nord USA.


Et puis d'Afrique du Sud, cette enveloppe automnale abandonnée aux mains d'un employé d'un hôtel de Cap Town  avec l'argent des timbres pour l'envoi. J'avoue que j'avais peu d'espoir de la voir arriver un jour à son point de départ. Et puis, tout benoîtement, elle a suivi son chemin jusque dans la boite aux lettres en février dernier. London n'a-t-il pas écrit que la chance souriait à ceux qui ne désespèrent jamais ?



Et puis ce malheureux tournesol abandonné dans ce qu'on m'a dit être une boîte aux lettres dans une petite ville du Zimbabwe où se trouvent les chutes Victoria, une des rares sources de richesse de la région. Il est arrivé début mars !




Le Swaziland, vous connaissez ? On l'appelle aussi la Suisse de l'Afrique du Sud à cause de sa  verte beauté. C'est un royaume minuscule coincé entre l'Afrique du sud et le Mozambique. L'enveloppe est arrivée en février, moins de trois semaines après son envoi, le temps mis également par les deux autres.







17 mars 2020

Zell am Ziller

Quelques croquis bucoliques d'un petit coin d'Autriche nommé Zell am Ziller qu'on pourrait peut-être traduire, à l'origine,  par "loge" ou "habitation" ou "ensemble d'habitations" au bord du Ziller, nom de la rivière qui descend de la montagne et qui lors de la fonte des neige peut se transformer en torrent assez impétueux au vu des travaux qui ont été faits pour le contenir.



Il y a énormément de petites chapelles nichées au coin d'un sentier en Autriche. Elles sont toujours très bien entretenues et ouvertes au public respectueux des lieux.

J'ai bien aimé ce vieux tonneau tout déglingué et la fontaine ci-dessous à l'entrée d'un musée des traditions malheureusement fermé.


Ah, ces cabanes en bois, remises ou granges construites à flanc de montagne si caractéristiques ! Difficile de ne pas en croquer au moins une et si en plus un banc vous y invite...

20 février 2020

Zambèze

Le fleuve Zambèze, long de 2750 km coule en Afrique australe. Il forme avec ses affluents le quatrième bassin hydrographique du continent avec 1 330 000 km² selon Vikidia (1 250 000 km² d'après Encyclopédia universalis). Ne chipotons pas pour 80 000 km² et disons qu'il draine beaucoup mais beaucoup d'eau.


Il vaut mieux éviter de s'y baigner et il est conseillé d'utiliser un gros bateau pour s'y promener car la moindre erreur peut avoir des conséquences très fâcheuses. Le danger est omniprésent : hippopotames lourdauds et placides aux mâchoires broyeuses, crocodiles immobiles comme des troncs d'arbres surgissant soudain, reptiles furtifs, invisibles, toxiques, volatiles aux aguets aux plongeons précis et meurtriers, insectes sournois avides de sang aux piqûres douloureuses et parfois mortelles... Et j'entends Jack London me murmurer à l'oreille : "Dans le Wild aucune créature ne peut être sûre de rien. Tout peut changer en un instant, tout peut se produire".

 Ici, le respect de la nature va de soi. Point n'est besoin d'afficher ses convictions.

8 février 2020

Gazette

Sur le trajet de mes balades, je rencontre souvent les mêmes personnes. On discute un brin, on rit, on commente les dernières annonces, on reconstruit des bouts de monde à notre main... Même un mur du pont de chemin de fer s'est joint à la conversation. J'y avais trouvé le texte raturé que voici :



                  et je n'eus guère à attendre pour en connaître le contenu initial :

F... (nom d'homme)
est koku
par ... (nom de femme) et ... (nom d'homme).

Bien évidemment, il y avait là matière à se gausser des déconvenues amoureuses de F..., de l'orthographe, de la manière de procéder, de l'endroit.... Au-delà de cette anecdote stupide qui nous a bêtement et bien mis en joie, on peut s'interroger sur les motivations du scripteur-tagueur. Pourquoi ce désir de nuire ? Amoureux éconduit ? Vengeance alcoolisée ou non ?.... 

Toujours est-il que le texte fut rapidement biffé sans doute par l'un des protagonistes. Mais le mal était fait. C'est dire si les nouvelles circulent rapidement à la campagne, même dans les endroits les plus reculés en apparence.

3 février 2020

Manchots africains

A une quarantaine de kilomètres au sud de la ville du Cap en Afrique du sud, dans la Baie False, sur la plage Boulder, une colonie de manchots s'est installée au cours des années 1980.


Les autorités ont demandé aux plagistes de se pousser un peu pour laisser de la place à ces petits êtres charmants d'une cinquantaine de centimètres de haut qui vivent paisiblement en couples pérennes dans l'espace qui leur est réservé. Une passerelle en bois permet au public de visiter cette colonie sans la déranger et c'est un ravissement.


Il arrive que certains s'égarent sur la plage des humains ou sur les parkings entre les voitures et leur espièglerie est un plaisir sans cesse renouvelé.





7 janvier 2020

Silence



L'homme a quitté l'estive, la nature a repris ses droits.
Elle est sans concession, froide et pure. 
Mort apparente nécessaire, temps laissé aux forces invisibles pour se rassembler, se tendre avant l'explosion de vie en germe.
Cycle millénaire immuable qui se rit des prétentions humaines à vouloir construire des tours de Babel pour atteindre l'indicible. Pff...

NB La photo originale est de monsieur Philippe La Cour, parue dans l'agenda 2020 d'Ardèche.
Avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'éditeur : Septéditions, (www.septeditions.com) que je remercie.

30 décembre 2019

Exercice technique

   Dans la pratique de l'aquarelle, il y a parmi d'autres une recherche technique quasi constante et il faut bien souvent sortir des sentiers battus et être imaginatif et inventif pour faire interagir correctement pinceau, pigments, papier, circulation de l'eau. Voilà la question : "Comment m'y prendre pour rendre telle ou telle impression ?"

Tous les ans, au mois de novembre, je vais à Montier-en-Der (Haute-Marne) pour assister au festival international de la photo animalière. Des photographes artistes y présentent leurs travaux. Et c'est merveilleux !!

Dans une revue distribuée à cette occasion, j'ai trouvé parmi les photos sélectionnées celles d'un combat de bisons sauvages dans la tempête à Yellowstone faites par monsieur Philippe Cabanel. Ayant déjà eu l'occasion d'approcher (de loin) ces bestiaux tout en force, j'ose à peine imaginer la violence du spectacle.


Outre la beauté des clichés, ce qui m'a intéressé était un exercice purement technique : comment rendre la neige sur un pelage sombre et légèrement fauve par moments ? Et au-delà peut-être, ce que le photographe a dû voir et entendre, la violence des coups assourdis de ce combat de seigneurs.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2020.


19 décembre 2019

De l'air



C'est connu, on trouve tout et n'importe quoi sur internet et les démos d'aquarelles n'y échappent pas. Certaines, et elles sont nombreuses, sont très mal présentées (trop de bla bla) ou mal filmées ou trop accélérées ou peu voire non réussies quand ce n'est pas de la publicité déguisée dont les Américains sont champions.

D'autres par contre, font preuve d'une grande maîtrise, d'un savoir-faire évident et c'est un plaisir de les voir à l'oeuvre et de s'en inspirer pour essayer de progresser soi-même.

C'est le cas de celle-ci que j'ai un peu aérée car j'ai trouvé l'originale un peu trop contrastée, fermée et sombre au premier plan. 

10 décembre 2019

Prémices d'automne


Depuis quelque temps il pleut et la pluie n'incite guère à la balade. Alors, en revisitant mon stock de photos, je me suis arrêté sur un sous-bois qu'on m'avait envoyé récemment.

2 décembre 2019

Tuba Skinny






J'avais déjà présenté ce groupe en mars dernier. Il a su se faire une petite place dans ce milieu difficile de la musique et il réussit à perdurer tout simplement parce que ce sont de bons musiciens.
Il s'appelle Tomas Majcherski. C'est le plus grand par la taille et joue du saxo et de la clarinette. 
Je suis toujours très admiratif quand je vois un musicien prendre son instrument pour jouer ou "improviser" sa partie, parfois à la demande et dans l'instant sans jamais être pris au dépourvu.

De vrais artistes qui vous donnent l'impression que tout est facile, que ça coule de source, que n'importe qui peut en faire autant.

Et pourtant, rien n'est jamais acquis. Tout est connaissance, labeur, patience...

26 novembre 2019

Et la collecte continue...



Celle-ci revient du Viet-Nam mais j'ignore le lieu d'envoi car l'expéditrice a omis de compléter les renseignements au dos.



Les deux suivantes arrivent de la ville de Naples située au sud-ouest de la Floride, en face de Miami.

Merci aux mains amies qui se sont donné la peine de trouver des timbres, de les coller, de mettre parfois un petit mot dans l'enveloppe et de porter le tout à la première boîte aux lettres. Je constate également que ce sont surtout des femmes qui acceptent de se prêter à ce petit jeu et me demande s'il est possible de hasarder une conclusion que je laisse à votre fantaisie.

7 novembre 2019

Tu montes jusqu'au géranium...


Pour réaliser cette petite aquarelle à titre d'exercice, je me suis inspiré de celle de Fabio Cembranelli trouvée dans la revue "Pratique des arts", spécial aquarelle n° 16.

En la voyant, les paroles d'une très belle chanson d'Anne Sylvestre (Le géranium) me sont revenues à l'esprit : "Tu montes jusqu'au géranium et tu pousses la porte..."

Un peu de douceur dans un monde où le vivre ensemble et le bon sens cèdent trop souvent la place à la bêtise crasse.


28 octobre 2019

Schlitteur



"La schlitte crève en montant, tue en descendant". On savait à quoi s'en tenir !

Le mot allemand "der Schlitte", le traîneau a donné le nom à l'activité qui consistait, dans les Vosges, à descendre le bois façonné dans les vallées. Le danger était permanent. Il suffisait d'un faux pas, d'une pierre qui cède ou du sol qui se dérobe sous le pied et l'homme passait sous la machine.

Je n'ai jamais eu l'occasion d'assister à cette pratique que l'on fait parfois revivre lors de certaines manifestations festives estivales. Il fallait avoir les reins solides, le jarret ferme et le pied sûr pour exercer ce travail épuisant qui, s'il ne tuait pas son homme, lui écrasait les cartilages de la colonne et des jambes et le cassait avant l'âge.

29 septembre 2019

Et encore trois...

Sur une quinzaine d'enveloppes actuellement en circulation, trois me sont arrivées dernièrement.




Qu'elle soit en graines ou en fleurs, la nigelle de Damas reste élégante. Ces deux belles viennent du Canada.


Et puis ce magnolia arrive du Laos. Merci aux mains amies qui se donnent la peine de participer à la collection.