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25 avril 2019

Piquant




Dernièrement, une main amie m'a posté la copie d'une gravure datant probablement du XVIII ème siècle, voir du XVII ème représentant une agave dont le pied avait été curieusement taillé et sculpté en forme de vase, me suggérant la possibilité d'en tirer une aquarelle.

Linnée n'était pas encore passé par là et n'avait pas étiqueté la plante qui était alors enregistrée sous le doux nom de :"Aloe americana ex vera cruce foliis angustioribus minus glaucis". Rien que ça !

Après quelques recherches, il s'avère qu'elle s'appelle aujourd'hui : "Agave americana mediopicta" (agave américaine blanche au milieu). En fait de "blanc", il s'agit plutôt d'un jaune citron.

J'avoue que ces redoutables agaves m'inspirent toujours un sentiment qui s'apparente à du respect.

Alors voilà ce que j'ai renvoyé et pour ce faire, je me suis inspiré de la gravure d'une part et des couleurs trouvées sur internet d'autre part en replaçant la plante dans le sol.

19 avril 2019

Flashmob (1)

Flashmob ou mobilisation éclair. Il s'agit d'un regroupement généralement planifié de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d'avance avant de se disperser.


En fouinant un peu sur Youtube, j'ai trouvé ceci : un samedi, plusieurs élèves de différentes générations se sont réunis autour de leur professeur de musique dans un parc de Mexico pour lui faire l'hommage d'un morceau de musique. La magie opère instantanément, l'événement crée un petit attroupement. Les gens s'arrêtent curieux, interrogatifs. Puis on les voit se détendre, sourire, certains esquissent quelques pas de danse. Ils s'oublient un peu,  deviennent beaux. 

Alors le quotidien s'arrête un moment, le temps semble suspendu, les normes sont un peu bousculées. Pour quelques instants, le rêve devient réalité.

Si la magie de l'instant vous intéresse, voyez sur youtube : Fandango en Rio de Janeiro con Hector Sanchez.

4 avril 2019

21 mars 2019

L'homme à la casquette



Il y a des gens qui attirent l'attention, parfois la retiennent. C'est une attitude, une manière de se comporter, de bouger, de s'habiller, une dégaine un peu particulière... On éprouve immédiatement à leur encontre un sentiment qui s'apparente à de la sympathie. On a envie d'aborder, d'échanger quelques paroles, de fixer le moment pour emmener un bout d'eux avec soi.

J'ai trouvé ce monsieur par hasard sur youtube. Il promène sa solitude et son ennui à travers les rues de la Nouvelle Orléans. Qui est-il ? Quelles furent ou sont ses activités ? Comment et où vit-il ?... Et immédiatement un champ de possibles s'offre à l'imagination.

15 mars 2019

Sympathie




Je trouve sympathiques ceux qui ne se posent pas trop de questions, qui ne se noient pas dans un verre d'eau et qui sont capables de faire sérieusement des choses sans se prendre au sérieux.




J'ignore son nom mais il a fait partie un moment d'un jazz-band Nouvelle Orléans, les Tuba Skinny, des musiciens de rues de l'autre côté de l'Atlantique.

Il m'a donné l'impression qu'on venait de le tirer du lit : "Dépêche-toi, on t'attend, on va commencer !" Comme il avait dormi tout habillé, il a juste pris son banjo puis est venu s'asseoir et s'est mis à jouer avec le groupe puis a fait un solo parfait sans état d'âme, les yeux pleins de sommeil. Sympathique .

11 mars 2019

Courrier fleuri


La collection suit son chemin et s'étoffe petit à petit.





Une saponaire et un fusain venus d'Istamboul. Merci à celle que je ne connais pas et qui a bien voulu grâce à une tierce personne se charger de l'envoi.





Anciennement l'Île Bourbon et maintenant La Réunion, postées du Tampon.






Une petite pensée qui a sauvagement poussé devant ma porte et des ancolies qui se reproduisent sans vergogne ont eu droit à un voyage au Tyrol avant de retourner chez elles.

7 mars 2019

Stadl

Les paysages autrichiens sont parfois parsemés de petites cabanes en bois appelées "stadl".



Ce sont des remises. Selon leur taille, on peut y trouver une machine agricole, du foin .... Dans les plus petites, on suspend des piquets épointés d'environ deux mètres de long percés de trois traverses. Plantés dans le sol, ils servent à recevoir des meules de foin au moment de la fenaison. Le temps de faire sécher correctement l'herbe avant de la rentrer à l'abri. Cette pratique ancestrale est en voie de disparition, modernité oblige. Avec l'objet, disparaît également le nom qui le désigne. Les personnes que j'ai interrogées l'ignoraient : " Il faudrait interroger un paysan" m'a-t-on répondu.

 Trouvé sur une porte de grange cette affiche : "Il n'y a pas d'homme (de maître) si haut (placé soit-il) sur terre (dans la contrée) qui ne vit de l'état (du travail) du paysan."



6 février 2019

Margot



J'lui ai dit de la Madone
Tu es le portrait
  Le Bon Dieu me le pardonne
C'était un peu vrai


Tonton Georges, déjà de son vivant, y en avait qui le critiquaient parce qu'il prononçait des "gros mots" ; certains même le disaient "mysogine".

Qu'en serait-il aujourd'hui avec cette bien-pensance intrusive et inquisitoriale venue tout droit d'Outre - Atlantique via l'Angleterre et qui par métastases essaie de s'insinuer dans le pays pour nous distiller un prêt-à-penser aussi insipide que pudibond. BEURK !!

31 janvier 2019

Porteuse de fagot



En automne dernier, j'avais déniché dans un magasin de déstockage un livret intitulé : Paysans, paysannes. Vie et moeurs campagnardes. (Editions l'Amateur). Il contient des photos sépia prises à la fin du XIX ème siècle, tirages sur papier albuminé. L'éditrice a eu la bonne idée d'y adjoindre des notes extraites des carnets de Jules Renard qu'elle a délibérément essayé de mettre en rapport. L'ensemble très intéressant donne un aperçu des conditions de travail et de la précarité d'une époque qui semble lointaine mais qu'ont sans doute connue mes arrières grands-parents.

"6 mai 1905 : Ragotte. Il lui suffit de porter un fagot pour avoir l'air d'une forêt qui marche.

23 août 1905 : Ragotte ne sait pas laver dans un baquet. Elle fait un voyage pour laver un torchon à la rivière dans l'eau qui court.

     Aller à la messe et laver à la rivière, deux vieilles habitudes sacrées.

     Leur fille est morte dimanche et a été enterrée mardi. Lui, toute la journée du lundi, il a battu le fléau. Elle, elle n'a pas l'air d'une femme qui a perdu sa fille : elle a l'air d'une femme qui, deux fois par jour, matin et soir, a ses quatre vaches à tirer."


26 janvier 2019

Tailleur de pierre



C'est probablement avec l'autre, le plus vieux métier du monde. Dès le paléolithique inférieur, il y a environ deux millions d'années, Homo erectus savait déjà façonner des pierres pour répondre à ses besoins.

Les plus beaux monuments sont passés par ses mains. Et ça commence humblement, comme pour une prière, à genoux sur une pierre qui est là depuis toujours. Quelle sera sa destination, sa place exacte ? Curieux et patient tête à tête entre l'esprit d'un homme fragile, de passage et la matière inerte, froide et pérenne qui finit cependant par se laisser modeler.

Le Grand Homme 

Chez un tailleur de pierre 
où je l'ai rencontré 
il faisait prendre ses mesures 
pour la postérité.

 Jacques Prévert.

14 janvier 2019

C'était avant


Avant l'apparition de la tronçonneuse on se servait de la hache et du passe-partout, une grande scie qui se maniait à deux pour couper les arbres. Avec la hache, on pratiquait une grande incision en V au pied de l'arbre, du côté où il allait tomber puis avec le passe-partout, on sciait l'autre partie en coupant l'arbre de l'autre côté, un peu en biais jusqu'à ce qu'il tombe. Aujourd'hui, si l'outil a changé, les risques sont les mêmes.

On coupe généralement les arbres à la fin de l'automne et en hiver, quand la sève ne circule plus et que l'arbre est au repos. Cela concerne moins les résineux  comme c'est le cas ici.

8 janvier 2019

Les soyots



Le latin "secare" = couper a produit le verbe "scier". On retrouve cette racine dans le patois vosgien : "soyer" = scier, une "soye" est une scie et une "soyotte" une petite scie. Puis le sens s'est un peu étendu : le "soyage" désignait la moisson à la faucille et les faucheurs étaient des "soyots".

L'activité était pénible car elle sollicitait beaucoup les bras, les épaules et les reins. Je me souviens, quand j'étais gamin avoir admiré les anciens couper l'herbe (surtout pour les lapins) avec une régularité d'horloge franc-comtoise. J'entends encore ce bruit caractéristique de la lame qui attaquait la base des tiges qui se couchaient docilement. De temps en temps, ils s'arrêtaient, sortaient une pierre à aiguiser d'une corne qu'ils portaient à la ceinture au niveau des fesses et donnaient quelques coups bien ajustés sur la lame bleutée, coupante comme un rasoir. Bien évidemment, interdiction absolue de jouer dans un périmètre rapproché !! Ce qui me paraissait incroyable, c'était leur patience d'horloger et leurs gestes doux, prudents, respectueux quand ils battaient la lame sur une petite enclume pour la redresser, en touchaient prudemment le fil, le regardaient gravement  alors qu'une taupinière, une branche, un caillou heurtés inopinément pouvaient les mettre hors d'eux. J'apprenais alors avidement des gros mots que je ne comprenais pas toujours mais dont je me délectais.

22 décembre 2018

La brodeuse



Activités essentiellement féminines, la broderie comme la dentelle n'ont jamais cessé de m'étonner et me surprendre par la variété et la finesse des motifs, le savoir-faire des doigts agiles, la patience insensée nécessaire à la confection  des ouvrages . Ça a l'air fragile mais ça peut tenir longtemps, des siècles si on en prend soin.

Je trouve admirable qu'à l'époque du tout jetable où des robots sont capables de répéter à l'infini les gestes les plus compliqués et fabriquer des motifs à la chaîne, il existe toujours des personnes qui le font à l'ancienne en prenant le temps qu'il faut. Il paraît même qu'il existe un nouvel engouement pour ces activités. Phénomène de mode, donc passager ou changement durable ?

Un jour, il y a longtemps, j'ai rencontré un type qui pêchait au bord de la Meuse tout en faisant du crochet... Il m'a dit qu'il conjuguait ainsi deux passions. 

17 décembre 2018

L'heure du berger



Qui est-il ? A quoi pense-t-il ? Quelle lecture fait-il de son environnement ? De son présent ?...

Là-bas, un vol d'oiseaux. Que se passe-t-il ? Viennent-ils s'abattre dans le fourré ou le quittent-ils brusquement ?...

Ne pas tout dire, ne pas tout montrer, suggérer et laisser à l'autre la liberté de terminer...

Ji-Young Demol Park, une merveilleuse artiste d'origine sud-coréenne, ne dit rien d'autre en admirant le Cervin légèrement voilé : "Y s'cache... C'est mieux... Mille fois mieux..."

7 décembre 2018

Notes salées


Les Bretons me pardonneront, j'espère, mais dans l'inconscient collectif, leur région est très souvent associée à un ciel gris-bleu, au vent et à la pluie. Et ce matin, le ciel est gris sale, il vente, il pleut. Sur la table, une revue de voyages propose 6 jours en Bretagne pour 810 euros. L'invitation au voyage est à l'origine d'un exercice de gammes matinales. Mes notes seront légèrement salées et ... celtiques.

21 novembre 2018

Gammes

Il est indispensable de temps à autre de revenir aux sources et d'entraîner l'oeil, la main, l'imagination... Et quand on la chance de tomber sur un maître, il faut en profiter.




Dernièrement, sur une étagère d'une maison amie, j'ai trouvé un BD de Hugo Pratt intitulée "Les Celtiques".



Je me suis davantage intéressé au graphisme de son héros Corto Maltese , personnage grand, riche, élégant, flegmatique, solitaire et très chanceux qu'à l'histoire.



Du noir et le blanc du papier, des taches, des traits secs qui paraissent frustes et simples à première vue, à la limite négligés. A première vue seulement car si l'on s'attarde un peu, on découvre des subtilités insoupçonnées.

L'ouvrage date de 1980 et les héros fumaient. Notre époque lisse et hygiénique a supprimé le tabagisme dans les BD, les films, les lieux publics. On ne s'en plaindra pas.

Les "héros" de BD terminent très souvent l'histoire avec des litres de sang sur les mains et Corto Maltese ne me démentira pas.
J'ai vu des "héros" modernes abattre une quantité incalculable de gens en 1 heure 30 de film. Certains "jeux" électroniques sont basés sur des tueries de masse... Paraît que ça divertit, que ça fait rêver.... Va comprendre !

9 novembre 2018

Automne



J'aime l'automne pour sa profusion de couleurs flamboyantes, ses matins frais et voilés de brume. Les arbres se débarrassent de leurs feuilles, fruits et graines avant de se reposer à l'arrivée du froid et de la neige. La nature se fait belle avant le grand sommeil.

Sous terre, le renouveau est là, invisible, caché, protégé, en dormance avant l'explosion printanière. Sous les semelles craquent les faînes et les glands moins chanceux tombés sur le chemin. Leur avenir est tout tracé : ils finiront dans le ventre d'un sanglier, d'un oiseau ou digérés par des bestioles plus petites.



Une fois n'est pas coutume, je me contenterai de recopier la description poétique de Pierre Lieutaghi*, ce merveilleux écrivain et ethnobotaniste.

"A l'automne, sur les talus au pelage mouillé où les verdiers s'abattent en troupes inquiètes, un arbrisseau fait l'arlequin, rameaux verts, feuilles pourpres, fruits roses ouverts sur un trésor fugace de graines vernissées. Modeste à la floraison, joli tout l'été, superbe en octobre, le Fusain s'est fait remarquer de tous les promeneurs par ses fruits de forme curieuse et de teinte rare que le langage populaire a parfaitement dépeints par les noms de Bonnet de prêtre, Bonnet de cardinal, Bonnet carré..."

*Pierre Lieutaghi, Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux, Actes Sud, 2004 p. 627.

4 novembre 2018

Enveloppes végétales



Il arrive parfois qu'une enveloppe soit illustrée par une main amie. C'est le cas de celle-ci venue d'Andernos-les-Bains en Gironde et harmonieusement dessinée sur le thème du lierre au stylo à bille, aquarelle et crayons de couleur peut-être. Merci Scottie.


Cette enveloppe un peu froissée a beaucoup voyagé et me tient à coeur. Je l'avais emmenée avec moi au Costa Rica en janvier dernier et l'avais donnée à notre guide qui avait été amusée par cette collection. Elle m'a promis de me la renvoyer d'un de ses lieux de vacances. Et voilà que mi-septembre elle me revient postée à ... Bordeaux !!

J'ai malheureusement égaré son adresse internet. En attendant de la retrouver, je veux lui envoyer un petit message par l'intermédiaire du blog, un peu comme une bouteille à la mer : merci Gioconda, merci pour ce geste qui me touche et j'espère que tout va bien pour toi et les tiens. Pura Vida.


Oblitérée à Vérone, elle a été envoyée de l'Ile aux pêcheurs sur le Lac Majeur.


Celle-là vient d'une autre île, celle de Rhodes en Grèce. Merci Mado.

Un grand merci à tout le monde pour votre participation.

31 octobre 2018

Entre chien et loup



L'expression est ancienne ; très ancienne d'après Claude Duneton* puisque les Latins l'auraient déjà utilisée : "inter canem et lupum" sans toutefois citer ses sources. Pour le Littré : "à petit jour, le soir ou le matin, c'est à dire quand le jour est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'un loup"

Pour moi, et je rejoins Duneton, c'est le moment plus ou moins long selon la saison où les diurnes représentés par le chien cèdent la place aux nocturnes et inversement, le moment où on allume ou parfois éteint ses phares, celui où on se sent soudain seul, enveloppé de brume et de nuit. On a beau dire, même si ce moment annonce aussi l'arrivée du jour, on le place inconsciemment au début de la nuit.

Il peut être inquiétant pour certains mais aussi féerique, un peu magique car tout peut arriver : ici, des yeux verts, phosphorescents le temps d'une seconde, un chat ? un renard ?... Là une ombre, un froissement, frisson... La vie nocturne reprend ses droits. Il est temps de rentrer. 

* Claude Duneton, La puce à l'oreille. Anthologie des expressions populaires avec leur origine, Stock, 1978.

Aquarelle 40 cm x 30 cm avec cadre, papier Laugton, coton, 300 g.

25 octobre 2018

Hiver



Ce n'est pas que j'attends la neige comme le messie, elle arrivera en son temps et en abondance j'espère... Ne serait-ce que pour permettre à la terre d'accumuler des réserves d'eau et alimenter les nappes phréatiques qui touchent le fond actuellement. Non, j'aime les hivers de neige, les balades par un froid sec et ensoleillé, le crissement si particulier de la neige sous les semelles, les traces de présence animalière, ce blanc que nulle lessive n'égalera et surtout ce silence bruissant de vie. Bien sûr, cela ne va pas sans certaines nuisances : routes verglacées, chasse-neige, glissades incontrôlées, nettoyage des trottoirs etc..., chaque médaille a son revers.

En fait, les 27 et 28 octobre prochains aura lieu l'exposition annuelle de peinture à Liffol-le-Grand (Vosges) et le thème cette année est : "L'hiver dans la région". Alors voilà une des deux aquarelles faites pour cette occasion. (dimensions : 40 cm x 50 cm avec cadre, papier Canson 300 g, coton, lisse.)