J'aime l'automne pour sa profusion de couleurs flamboyantes, ses matins frais et voilés de brume. Les arbres se débarrassent de leurs feuilles, fruits et graines avant de se reposer à l'arrivée du froid et de la neige. La nature se fait belle avant le grand sommeil.
Sous terre, le renouveau est là, invisible, caché, protégé, en dormance avant l'explosion printanière. Sous les semelles craquent les faînes et les glands moins chanceux tombés sur le chemin. Leur avenir est tout tracé : ils finiront dans le ventre d'un sanglier, d'un oiseau ou digérés par des bestioles plus petites.
Une fois n'est pas coutume, je me contenterai de recopier la description poétique de Pierre Lieutaghi*, ce merveilleux écrivain et ethnobotaniste.
"A l'automne, sur les talus au pelage mouillé où les verdiers s'abattent en troupes inquiètes, un arbrisseau fait l'arlequin, rameaux verts, feuilles pourpres, fruits roses ouverts sur un trésor fugace de graines vernissées. Modeste à la floraison, joli tout l'été, superbe en octobre, le Fusain s'est fait remarquer de tous les promeneurs par ses fruits de forme curieuse et de teinte rare que le langage populaire a parfaitement dépeints par les noms de Bonnet de prêtre, Bonnet de cardinal, Bonnet carré..."
*Pierre Lieutaghi, Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux, Actes Sud, 2004 p. 627.