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6 février 2015

Harréville. Croix commémorative


A la sortie de Harréville, au pied du petit massif boisé qui sépare la vallée de la Meuse de celle du Mouzon, un peu à l'écart de la route, une croix commémorative d'un accident. L'expression sibylline : "frappé d'un coup mortel" peut suggérer une agression.

Dans son ouvrage composé au milieu du siècle dernier et consacré au village p. 215 : Poussières du passé. Harréville-les-Chanteurs, l'auteur Camille Lomon signale cette croix mais se trompe dans l'intitulé du prénom. D'après lui "Alexandre" (alias J BTE) Michaux, entrepreneur de travaux publics à Sartes -(Village vosgien dans la vallée du Mouzon à une poignée de kilomètres de Harréville à vol d'oiseau)- se fractura la colonne vertébrale en tombant d'un chariot transportant des arbres et mourut le 3 mars 1850, 2 jours après l'accident.

Quelques clics dans le registre d'Etat Civil des archives départementales d'Epinal permettent de retrouver l'acte de décès : [...L'an mil huit cent cinquante, le trois mars, à onze heures du matin.... lesquels nous ont déclaré par aujourd'hui, trois mars, à deux heures du matin, Jean-Baptiste Michaux, âgé de quarante cinq ans, entrepreneur en bâtiments [...] domicilié à Sartes... est décédé dans son domicile en cette commune... ]

Aucune indication sur la date (20 février ou 1er mars ??) et la cause réelle du décès (probablement un accident).

1 février 2015

Harréville. Le linteau



Rue de la Mothe, une porte de maison est surmontée d'un linteau insolite. Une étude trouvée dans Les cahiers bourmontais n° 1 d'août 2002 nous apprend qu'il s'agirait d'un dessus de cheminée (photo 2) monté à l'envers et provenant de la ville de la Mothe rasée en 1645 sur ordre de Mazarin.

Les armoiries tendraient à révéler que le propriétaire initial se serait appelé Nicolas Rouyer, avocat de la dite ville en 1614 et intendant de la même au moment du siège en 1645.

Dessin au crayon légèrement colorisé avec des crayons de couleur, le tout recouvert d'un léger glacis aquarellé.

28 janvier 2015

En attendant le renouveau


Parfois, au hasard de mes balades, je ramène un sujet à croquer dans la voiture. Ce jour-là, il faisait froid et le jour déclinait rapidement. J'ai donc amené mon bout de branche chez moi...

... Et puis je l'ai retrouvé. Alors, pour varier un peu avec la thématique du canton de Bourmont, voici une petite étude aquarellée de quelques feuilles de hêtre sèches, recroquevillées sur leur support, momifiées dans la surprise et l'étonnement de la coupure de sève. Mais déjà des bourgeons encore en dormance sont là pour  prendre le relais au signal du printemps.

Aquarelle environ 25 cm x 12 cm, papier Montval 300 g, grain fin.



24 janvier 2015

Harréville. Histoire d'eau.





Un massif boisé et continu formant une butte allongée sur une vingtaine de kilomètres, du sud de Bourmont à Neufchâteau, sépare la vallée de la Meuse de celle du Mouzon (= petite Meuse). A sa base, une couche d'argile laisse suinter une multitude de sources comme celle de st. Jean à Goncourt qui viennent terminer leur folle échappée quelques centaines de mètres plus loin dans la Meuse.

Vers 1030, l'abbé Nanterre de Saint-Mihiel en dénombra une quinzaine alors qu'il prospectait du côté de Harréville. Il trouva l'endroit à sa convenance pour l'implantation d'un prieuré. 

Il suffit d'ailleurs de se balader rive droite de la rivière pour se rendre compte que les prés sont gorgés d'eau durant la majeure partie de l'année. En posant quelques gros tuyaux, on arrive à la canaliser momentanément pour qu'elle vienne alimenter au passage et en permanence des abreuvoirs judicieusement placés.



20 janvier 2015

Harréville. La maison du bout

La maison était encore habitée il y a peu d'années par une dame âgée et son petit chien. Elle est la dernière d'une série d'habitations accolées le long de la RN 74. Sa construction remonte sans doute au XIX ème siècle, vraisemblablement à l'emplacement d'une autre plus ancienne.

La porte d'entrée en chêne avec sa structure en chevrons est d'une facture assez commune dans la région. A droite, la cuisine dont les volets fermés montrent des persiennes savamment découpées qui doivent projeter une belle lumière sur le sol et le mur opposé.


A l'étage, une chambre aux volets également clos. Il y a quatre fenêtres en tout sur la façade bien défraîchie. L'ensemble patiente stoïquement en attendant une hypothétique rénovation.

La maison comme quelques autres a connu l'époque des colporteurs qui vivaient dans le village aux XVIII ème et XIX ème siècles. Il s'appelait Harréville-sur-Meuse et a été rebaptisé Harréville-les-Chanteurs le 7 mars 1907 en souvenir de ces femmes et hommes qui partaient sur les chemins et les routes souvent de septembre à juillet de l'année suivante à pied, parfois avec une charrette tirée par une bête pour vendre des images pieuses, chapelets, cornets de st. Hubert, livres et tissus en chantant des complaintes et mélopées pour annoncer leur venue. Le toponyme se veut le garant de cette mémoire.

17 janvier 2015

Goncourt. Chapelle st. Roch


Avec cette chapelle très discrète et bien entretenue se termine la présentation de ce village au nom prestigieux. Elle a été construite en 1854 après une épidémie de choléra qui avait fait des victimes dans la commune. St. Roch a été considéré au XIX ème siècle comme étant le "préservateur" du choléra ainsi que le protecteur des animaux d'élevage et de la vigne. Il cumule également les pouvoirs d'éviter la peste, le typhus, la grippe espagnole.

Sa statuaire le représente avec un bâton de pèlerin, une plaie à la cuisse gauche en compagnie d'un chien tenant parfois un pain dans sa gueule. Fête le 16 août.

14 janvier 2015

Goncourt. Ruisseau st. Jean


A la sortie est de Goncourt, sur la D 148 qui fait passer de la vallée de la Meuse à celle du Mouzon, à droite, un peu en contrebas, une source qui très vite s'étale en une multitude de petites cascades près d'un ancien ermitage matérialisé par une stèle avec une statue toute dorée de st. Jean. Ce petit ru cascadeur  au débit irrégulier est tellement court (à peine 500 mètres à vol d'oiseau) qu'il n'est même pas signalé sur la carte IGN au 1/25000 ème. Localement on l'appelle "le Ruisseau st.Jean". Il est tellement discret qu'il semble sans intérêt. Et pourtant, la chose est assez rare pour être signalée, il est tufeux, c'est à dire que ses cascatelles sont pétrifiantes.

Le tuf est un calcaire pulvérulent et friable. Les dépôts calcaires se font autour de brindilles, de feuilles mortes, de grains de sable immergés.

A signaler une curiosité naturelle haut-marnaise : "la Cascade d'Etufs" à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Langres à Rouvres-sur-Aube.

Enfin, je viens d'apprendre que la commune de Goncourt a ouvert un site : goncourt.e-monsite.com. Il est encore tout jeune et s'étoffera au fil du temps.

8 janvier 2015

Goncourt. La fontaine


L'ancienne fontaine en fonte qui fournissait l'eau aux habitants du quartier et aux bêtes au début du siècle dernier a été déplacée de quelques mètres et orne maintenant une placette récemment aménagée devant la médiathèque dédiée aux deux frères. En été, elle fonctionne en circuit fermé juste pour la fraîcheur et le bruissement. En hiver, elle est décorée de guirlandes de Noël. Elle fait partie intégrante du village et constitue une des facettes de son âme par l'attraction sonore qu'exerce l'eau en mouvement, symbole de vie. C'est également une des rares fontaines qui n'a pas été transformée en jardinière et c'est presque un paradoxe, elle coule, glougloute, ruisselle, éclabousse, chante, rafraîchit.

1 janvier 2015

Goncourt : calvaire rue de la Vaux.

Il est un calvaire à la sortie du village, rue de la Vaux (= vallée) qui passe pratiquement inaperçu au quidam motorisé attentif à sa conduite.


Il représente le Christ crucifié et debout en-dessous, la Vierge à l'enfant. Il manque une partie de jambe au Christ et la moitié supérieure du bébé, peut-être un acte de vandalisme de l'époque révolutionnaire.


   Une inscription  "DEUS"  à peine visible sous le rebord aux pieds de la Vierge et sur le bandeau juste en-dessous une inscription latine "Sepes" suivi d'un mot qui semble être "Mess", abréviation de "messis" et qui pourrait signifier "Limite de moisson". En-dessous, une date : 1607 ou 1603, le dernier chiffre n'est plus très lisible. Le calvaire est entouré de deux magnifiques tilleuls dont l'âge pourrait être révélé par un carottage du tronc, probablement plusieurs fois centenaire.

   Je n'ai rien trouvé sur l'histoire de ce calvaire qui fut installé au temps des guerres de religions, quelques années avant l'assassinat de Henri IV. Il a traversé sans trop de dommages beaucoup d'époques troubles, de folies guerrières et reste imperturbablement le témoin discret et muet des passages de générations d'humains.

   Je vous souhaite une année paisible.

27 décembre 2014

Goncourt. Le prix

Peut-on parler de Goncourt sans évoquer,












ne serait-ce qu'une seule fois












le prix ?











Alors voilà, l'occasion était trop belle













et  se passe de commentaire.




















Bonne année














21 décembre 2014

Goncourt. Chasse-roues

     Deux petits croquis aquarellés, l'un très pigmenté, presque gouaché, l'autre plus léger autour d'un même thème : le chasse-roue ou chasse-moyeux ou boute-roue qui remettait "dans le droit chemin" la charrette qui serrait trop près l'angle d'une maison ou d'une porte cochère.


Fixée au sol et au mur, elle a pu servir accessoirement de chasse-roue au coin de la maison. Et puis d'anciens propriétaires ont prolongé la demeure par un muret grillagé pour fermer une petite cour intérieure. La pierre est restée. C'est l'anneau qui a attiré mon attention. Il est proprement scellé, du travail de professionnel. Il a été posé là pour y attacher un animal, sans doute un chien. Comme il ne comporte pas de traces d'usure, il me plaît de penser qu'il n'a servi qu'occasionnellement.



J'ai parcouru tout le village pour finalement me rendre compte que ce que je cherchais était à quelques mètres. On a tendance à retirer les chasse-roues pour éviter d'abîmer les voitures qui ont pris la place des charrettes dans les anciennes granges devenues des garages. Inversion des valeurs : avant, on protégeait les murs...

17 décembre 2014

Goncourt. Croix du pont



A la voir de loin, c'est une croix en métal ouvragé. De près, c'est un travail d'orfèvre.

En faisant quelques recherches (il est vrai très superficielles), j'ai été surpris de ne pas trouver une seule mention de cette croix en fonte magnifiquement ciselée. Elle est située à côté du Pont des Tilleuls qui enjambe la Meuse et peut-être remplace-t-elle une autre plus ancienne (saccagée par la tourmente révolutionnaire ??) qui aurait pu indiquer l'extrémité du village en même temps que la frontière entre le Royaume de France et la Lorraine. Celle-ci date vraisemblablement du XIX ème siècle et montre l'immense maîtrise du savoir-faire des maîtres fondeurs de cette époque. Le canton de Bourmont possède quelques belles croix et calvaires anciens que je ne manquerai pas de mentionner au fil de mes pérégrinations.

Crayon, gouache et aquarelle (juste pour le bleu du ciel).

10 décembre 2014

Goncourt. Roses trémières


J'aime les roses trémières pour leur charme champêtre et leur rusticité quand elles tapissent et égaient un vieux mur, maquillent et ravivent une façade défraîchie, décrépie, toute piquetée et tachée par le temps. Elles attirent le regard et donnent du caractère à ce qui n'en a pas, au banal, à l'ordinaire, au fade, à l'insipide, à l'ennui d'une fin d'après-midi d'été.

Alors voilà un bouquet de soleil pour colorer un peu la grisaille ambiante. Cadeau.

4 décembre 2014

Lézarder à Goncourt



J'avais photographié ce saurien en août dernier à Goncourt et mon cerveau -il me faut présentement l'avouer- parfois un peu fêlé cherchait matière à faire un petit commentaire en relation avec l'image. Comme point de départ, le verbe "lézarder" me trottait dans la tête. Mais comment réunir l'animal et le verbe à Goncourt ? Le TLF (Trésor de la Langue Française) ne s'intéresse qu'aux crevasses et autres fêlures d'un mur, d'une façade, voire aux rides profondes d'une peau. Je me tourne alors vers le Grand Larousse de la Langue Française : bingo !! En seconde position je trouve : 2) Lézarder, v intransitif (de lézard , av. 1896, Goncourt). Paresser, flâner comme un lézard. "Je voudrais paresser, lézarder" (Goncourt)".

Vouï, tu as bien lu, lectrice ou lecteur assidu qui me fait l'honneur de venir régulièrement ramasser les débris de mes élucubrations, c'est l'Edmond ou le Jules (de) Goncourt qui aurait employé ce verbe pour la première fois avec ce sens quelque part dans leur production ou leur journal (d'aucuns parleraient d'éructations) et , c'est un scoop, il aurait même trouvé ça tout seul (ndadcb*) !

Et sais-tu où j'ai surpris ce reptile patté ? Au terrain de camping pour camping-cars de Goncourt, là ousque justement les Zollandais, les Zallemands et les Zanglais viennent lézarder un peu.

*ndadcb : note de l'auteur de cette bouillie.

27 novembre 2014

Retour aux fondamentaux


L'exercice porte sur les valeurs d'une couleur. (On entend par valeur d'une couleur son degré d'intensité entre clair et foncé). L'objet à représenter est une feuille morte accrochée à un bout de tige.


A gauche : le sujet est traité au crayon en valeurs de gris. Les principales valeurs utilisées, par référence à la languette témoin du bas sont : 1, 5-6, 9 et 10.



A droite le sujet est repris en sépia avec en-dessous l'éventail des valeurs que permet cette couleur. Il s'agit d'utiliser les différentes valeurs sépia dans des proportions similaires aux gris du premier dessin.




Un plastique vert transparent grise les couleurs et permet de mieux comparer les valeurs colorées avec celles du dessin au crayon.



Le rôle des valeurs est essentiel dans une peinture. Elles créent des illusions de volume, de lumière, d'atmosphère ou d'espace. Ici, ce sont les volumes et la lumière que traduisent les valeurs.

21 novembre 2014

Simplet


Goncourt, rue du Pont. Il faisait chaud cet après-midi là. 
Elle siestait sur le pas de sa porte. J'ai voulu la surprendre dans son sommeil.
Hélas, trop pataud... Un regard de commisération : "Et tu t'imaginais vraiment que tu allais passer inaperçu ??  Pfff !!

16 novembre 2014

Goncourt, pont des tilleuls



Pour renouer avec le canton de Bourmont, voici le pont de Goncourt dont la construction remonte probablement au XVIII ème siècle, peut-être avant... ?? Le village est situé sur la rive gauche de la Meuse. La rivière marquait la frontière naturelle entre la Lorraine et le royaume de France. (La Lorraine devint française en 1766 à la mort de Stanislas Leszczynski, dernier duc souverain, ex roi de Pologne et beau-père de Louis XIV).

Un peu en amont du pont, la commune a aménagé une aire de stationnement ombragée pour camping-cars et on peut voir au beaux jours et jusqu'à l'arrière-saison des vacanciers de passage se reposer après une journée de conduite. Certains, devinant sans doute que la région possède des charmes cachés, n'hésitent pas à s'attarder un peu. On en voit de temps à autre se hasarder à pied ou à bicyclette sur les chemins balisés. Ce sont surtout des Hollandais et des Allemands, parfois des Anglais et c'est toujours un grand plaisir de pouvoir échanger quelques mots. En joignant le geste à la parole quand elle fait cruellement défaut, on finit par se comprendre un peu.

Aquarelle hors cadre : environ 38 cm x 25 cm. Papier Daler Rowney, 300 g, grain fin.


Voilà, je suis revenu sur l'aquarelle pour assouplir un peu la masse du buisson devant le pont.

12 novembre 2014

Croquettes






Le patron d'une grande surface de Neufchâteau avait organisé en fin de semaine dernière une petite rencontre - expo avec des peintres locaux dans le grand hall du magasin. Je m'y suis rendu dans l'après-midi du samedi pour croquer un peu...



8 novembre 2014

Boulot et taoïsme


"J'ai du boulot chez moi". Qui n'a jamais entendu cette phrase ? Elle empêche parfois de tourner en rond, elle sert aussi parfois de prétexte pour ne pas rester dans un endroit déplaisant ou pour ne pas se déplacer. Mais qui pense au végétal ?

Les dernières feuilles s'envolent et disparaissent. L'arbre se met au repos. Il est tranquille. Tout est prêt pour le renouveau. Faire ce qu'il faut et pratiquer le non-agir. Le boulot serait-il taoïste ?

Petite aquarelle, environ 21 cm x 10 cm hors cadre. Papier lanaquarelle, 100 % coton, grain satiné.

3 novembre 2014

De saison



C'est un rosier grimpant qui garnit la façade d'une maison amie où j'ai passé la fin de semaine. Dimanche matin, en regardant tomber la pluie par la porte vitrée, la plante était secouée par les bourrasques. Il y avait un sécateur à portée de main et j'avais emporté de quoi peindre. Alors...