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26 mai 2016

Cadix (4)

A Cadix, en face du port, il y a un parc où j'aimais me rendre avec une curieuse statue d'un unijambiste en hommage à un héros oublié. Sur la face arrière du socle, un long texte dont je n'ai recopié qu'une partie. Ci-joint un essai de traduction.

Cadix rend hommage 
et se souvient 
d'un héros oublié
qui est parti
de son port en février
1737 pour
défendre Carthagène
des Indes *
ville soeur et sauver
un empereur.

Carthagène des Indes : ville de Colombie. Elle fut un important centre de traite des esclaves et de transit de l'or issu des pillages des empires aztèque et inca, destiné à l'Espagne. (Wikipédia)

23 mai 2016

Cadix (3)


Cadix est une presqu'île rocheuse anciennement défendue par des bastions. Le Castillo santa Catalina en est un, battu par les flots et le vent. Il soufflait très fort ce jour-là. J'avais fini par trouver un abri dans une encoignure sur un rebord de fenêtre pour croquer au calme ce bout de rempart et son échauguette tout en plaignant les malheureux gardes qui avaient dû se relayer les siècles passés pour surveiller l'horizon des heures durant, la tête dans les courants d'air.

20 mai 2016

Cadix (2)

A Cadix, les rues sont bordées d'orangers chargés de fruits hors de portée de la main. J'imagine que ceux du bas ont dû être cueillis. Les autres tombent petit à petit et pourrissent au sol. Quand je pense au prix du kilo, c'est pô juste !!!



A chaque fois que je les vois, je suis impressionné par la taille de ces agaves qui sont majestueuses et que je trouve agréables à représenter. "Croquer" ne convient pas, bien qu'elles appartiennent aux plantes grasses ou succulentes.


16 mai 2016

Cadix (1)




Certaines marques de papier aquarelle proposent des formats carte postale avec leur linéaire au verso. Il suffit d'y mettre l'adresse, un timbre et un petit mot amical après avoir aquarellé le recto. Je préfère les mettre sous enveloppe car l'aquarelle, cela ressemble à un paradoxe, craint l'eau de pluie.

En voici deux échantillons faits dans des parcs et jardins publics de Cadix en Espagne où je viens de passer une semaine.

3 mai 2016

Daillecourt. démo 2.


Faire une aquarelle d'après une photo signifie repenser cette dernière, la réorganiser et la reconstruire un peu pour lui insuffler sa propre interprétation.

Voici la manière dont je procède habituellement : en haut, le modèle découpé dans une revue avec en dessous une étude au crayon. J'y ai restructuré un peu les masses en aérant l'espace avec davantage de ciel et en élargissant l'arche du pont pour écarter un peu la végétation trop dense à mon goût. Parfois l'étude est coloriée pour mieux visionner les principales couleurs.

Ainsi, lorsqu'on aborde l'aquarelle même, on sait où on veut aller et ce qu'on veut rendre. J'ai fini par  quelques taches rouges pour marquer la complémentarité, accrocher le regard et l'inviter à s'attarder un peu. 

Aquarelle hors cadre environ 25 cm x 35 cm. Papier Saunders, 300 g. grain fin.


1 mai 2016

Daillecourt - Démo.



La petite commune de Daillecourt en Haute-Marne organise chaque année pour le 1er mai une exposition peinture / sculpture. L'ambiance y est chaleureuse malgré le temps maussade, conviviale et ce rendez-vous annuel est devenu un point de rencontres. Invité régulièrement, j'en profite toujours pour faire une petite démo tout en bavardant avec les personnes intéressées. Alors voilà une petite aquarelle lacustre réalisée hier après-midi à partir d'une photo dont j'ignore tout.

Aquarelle hors-cadre environ 25 cm x 35 cm. Papier coton Saunders 300 g.

27 avril 2016

Toponymie

J'aime les noms à consonance médiévale. Casteljau, le castel de Jau (ou jal / gal) < latin "gallus" = coq. Le surnom était donné à l'origine aux coqs de villages, aux beaux parleurs. Le premier propriétaire du château tenait-il son nom d'un ancêtre "m'as-tu vu" ? ou du saint du même nom ?

Le village est blotti près de la retenue d'eau du Chassezac, une rivière ardéchoise qui sait se montrer capricieuse.

21 avril 2016

Planchette botanique


Une table, une chaise, l'ombre d'une terrasse, quelques passants, des échanges aimables et en prime un printemps qui offre généreusement des symphonies de couleurs... Pourquoi se priver d'instants aussi bucoliques et charmants et ne pas essayer de reproduire quelques plantes directement au pinceau ?

Alors voilà des fleurs de pommier, des petites fleurs bleues que je ne connais pas, un bout de branche de prunus et deux pervenches. Seule la dernière avec sa feuille a d'abord été esquissée au crayon.

12 avril 2016

Papier


   Les papiers, c'est connu, ont leurs caractéristiques, on pourrait presque dire leur caractère. Ils ne réagissent pas tous de la même manière et il est bon de les connaître un peu car une mauvaise gestion peut parfois s'avérer catastrophique. Les aquarellistes optent généralement pour la marque qui leur convient le mieux et s'y tiennent parce qu'ils ont appris à la connaître et à l'apprécier.

   J'aime encore bien me faire surprendre... J'ai donc fait dernièrement l'acquisition d'un papier chiffon tout droit venu d'Angleterre et j'avais hâte de l'essayer. Au final, il s'avère être relativement docile, c'est à dire qu'il se laisse travailler sans trop broncher, accepte quelques retraits et des rajouts sans baver ni tacher ni pelucher. Il absorbe tranquillement, sans se presser les pigments qui peuvent ainsi "travailler" et mieux s'ajuster même après les premières heures de séchage. Ce papier sait prendre son temps et laisse la magie opérer. Respect.

   Aquarelle hors cadre environ 33 cm x 23 cm. Papier Saunders Watterford, 300 g, grain fin.

8 avril 2016

Essai



En commandant par internet quelques tubes d'aquarelle, j'ai eu la surprise de trouver dans le lot deux mini-palettes cartonnées avec des pastilles d'aquarelle d'une marque que je ne connaissais pas (QoR). 

Alors je me suis amusé à faire un essai en prenant comme modèle un ficus vendu comme bonzaï. Comme les échantillons réduisaient les possibilités de verts, je me suis servi chez Sennelier. Voilà le résultat, brut de fonderie.

3 avril 2016

Page de carnet


     Mon carnet ne me quitte jamais. Il voisine avec une petite boîte d'aquarelles et trois pinceaux réservoir, un chiffon, quelques mouchoirs en papier, une gomme, un crayon et un stylo feutre dans un petit sac en bandoulière. Assis dans la voiture, à l'extérieur sur un tronc, un banc,  une pierre voire même debout en me servant d'un support quelconque, je croque ce qui me plaît sans craindre une indigestion ou une remontée brutale du cholestérol.

     Des gens s'arrêtent quelquefois. " Des poteaux de parc ? J'aurais jamais cru que ça se dessine !" On discute, on échange des banalités, on blague, on passe un moment serein... Parfois on fait connaissance. Il arrive qu'on se revoie dans un magasin, dans la rue. Un sourire, deux mots... Le liant d'un tissu social tient souvent à des petits riens qu'il est bon d'alimenter et de croquer sans modération.

26 mars 2016

Le jour s'est levé






Depuis combien de temps est-il là ? Une tempête l'a un jour foudroyé et le voilà écartelé avec ses branches squelettiques qui semblent implorer le ciel comme ces Pompéiens surpris et figés dans l'horreur. Un vieux mur s'éboule rongé par le temps et la végétation.

L'eau et la montagne, Yin et Yang, impassibles, immuables témoins froids du cycle de la vie. Un autre jour s'est levé...

Quelle est, demandez-vous,
l'ultime vérité ?
Chant de pêcheur,
dans les roseaux,
qui s'éloigne...
                         
                                    Wang Wei

Je vous souhaite de joyeuses Pâques. 

Aquarelle hors cadre, environ 38 cm x 29 cm, papier : Canson Vidalon, 300 g, grain prononcé.

20 mars 2016

Désespérance

Un certain nombre d'artistes se sentent obligés d'expliquer longuement, trop longuement leur démarche pour que le spectateur puisse comprendre l'oeuvre, quand ils ne commentent pas l'oeuvre même. Parfois le texte est écrit dans une langue tellement technique ou moderne ou tendance voire ésotérique qu'elle devient complètement opaque, hermétique pour le lecteur moyen que je prétends être. Je vois alors rouge et j'ai des éruptions cutanées.

A mon avis, une oeuvre même agrémentée d'un petit texte circonstancié doit parler d'elle-même et apporter sa charge d'émotions. Si le spectateur ne saisit pas l'essence même du message qu'elle est sensée transmettre, il y a de fortes chances qu'elle manque de lisibilité, qu'elle soit ratée.

Dans la cour de l'ancienne abbaye d'Auberive (Haute-Marne), transformée en prison pour femmes au XIX ème siècle -Louise Michel y séjourna-, il y a cette statue en bronze de Marc Petit. Rien de plus...

11 mars 2016

Coup de foudre


C'est connu, les saules fréquentent les fonds humides et sont très résistants. Ils s'accrochent désespérément à la vie et présentent souvent dans leur grande vieillesse des troncs tortueux, vermoulus, éclatés, évidés où malgré tout passe la sève qui leur donne encore et encore si fière allure avec une ramure vigoureuse à faire pâmer de jalousie les autres espèces plus jeunes. Même coupés, ils relancent des rejetons et disent avec leurs mots : "je suis toujours là" ! Il n'y a guère que le feu tombé du ciel qui en vient à bout.

Faut-il en conclure pour autant que les saules meurent souvent d'un coup de foudre ?

6 mars 2016

Magie de l'instant



Allez savoir pourquoi, il y a des jours où on a envie de se pincer !

Sur les flancs du volcan éteint Rana Kao, au sud de l'île de Pâques, j'ai dit à ma voisine : "Regardez, une aquarelle passe..." J'ai fixé l'instant. Elle a souri.

Hier, en reprenant la scène, tout en bataillant avec ce rouge pyrrole qui refuse si stoïquement de rendre les plis de la robe, je me suis dit que la photo n'était pas seulement due à la complémentarité rouge / vert... Y a aut' chose !

Aquarelle hors cadre environ 25 cm x 15 cm, papier Sennelier 300 g, grain fin.

29 février 2016

Arrêt sur image


L'île de Pâques, Rapa Nui en langue vernaculaire, est d'origine volcanique. C'est dire que les plages de sable y sont plutôt rares. Beaucoup de cailloux, des îlots rocheux autour desquels s'ébattent parfois des baigneurs.

Je m'étais assis à la terrasse d'un bistrot pour faire ce croquis. Le temps était superbe, l'eau transparente. Des grosses tortues marines montaient de temps à autre à la surface pour prendre une goulée d'air. Des surfeurs débutants taquinaient la vague en cherchant leur équilibre...

Un couple ami était passé par là. Nous avions bu un verre, parlé, ri. Le temps s'était un peu arrêté.

24 février 2016

Moaï



   Quand j'étais gamin, le chocolat à la vache avait fidélisé ses jeunes clients avec des images représentant "Les Merveilles du Monde" qu'on collait dans un album dans lequel un commentaire permettait de mieux les comprendre. Le but du jeu consistait à trouver les images pour compléter l'album tout en apprenant à connaître ce qu'il y avait de l'autre côté de la rue... en achetant des tablettes.Je n'avais bien sûr jamais entendu parler de l'Île de Pâques mais les photos des Moaï, ces géants de pierre m'avaient fait rêver : "quand je serai grand..." 

   Et voilà, j'ai un peu grandi et c'est encore plus grandiose que tout ce que j'avais pu imaginer ! C'est complètement fou !! Et dire que les gens qui les ont extraits de la montagne de lave et sculptés ne connaissaient pas le fer !!

   Bien évidemment, des hypothèses sur les origines et les croyances de ces peuplades existent, beaucoup de mystères aussi.

8 février 2016

Puerto Natales

Puerto Natales est une petite ville située sur un des innombrables bras de mer qui découpent la côte de l'Antartique chilien. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un port (de pêche), chef-lieu de la province de Ultima Esperanza (la dernière espérance ou le dernier espoir) qui donne une idée de l'état d'esprit des premiers colons.




Une petite jetée et surtout un peu de temps libre offrent quelques possibilités de croquis.


Au bout, "La plaza del viento" visible de loin grâce à ses sculptures métalliques représente un couple s'élançant dans le vent intitulé "Amores de viento en Natales", tout un programme !! Une structure cimentée comme on en voit maintenant un peu partout est réservée aux adeptes de la planche à roulettes et vélo d'acrobaties. On les voit s'exercer avec une persévérance qui flirte  parfois avec de l'entêtement et finir par réaliser des figures compliquées qu'ils s'imposent. Des bancs, des murets permettent à un public bon enfant de prendre l'air, de se rencontrer et bavarder en assistant à un spectacle permanent et gratuit.

4 février 2016

Perito Moreno


Dans le Parc National de Patagonie, à l'Ouest d'El Calafate, le Perito Moreno est un des nombreux glaciers qui descendent de la Cordillère des Andes. C'est l'un des plus grands et le plus connu. Il termine sa course dans l'un des nombreux bras de l'immense Lac Argentin aux eaux turquoise ou émeraude selon le temps. Le front peut atteindre 70 mètres de haut et d'énormes blocs de glace s'en détachent sans prévenir dans un grand fracas. C'est grandiose !! 

Il serait plutôt climatosceptique puisque ledit réchauffement climatique semble le laisser froid. En effet, au dire des gens avisés, il augmenterait, grandirait...

 Je ne sais pas pourquoi mais ce grain de sable dans un rouage bien huilé me plaît.

1 février 2016

Ushuaia. Canal Beagle

La ville d'Ushuaia, en s'agrandissant, "mange" petit à petit la colline au pied de laquelle on a commencé à la construire. On enlève un bout de forêt et on construit des maisons.

 L'hôtel où j'étais, est situé tout en haut et offre une vue panoramique sur le "Canal Beagle". C'est un bout de mer qui remonte depuis la région est du Cap Horn sur environ 240 kilomètres et qui rejoint le Pacifique à l'Ouest. Il sert de frontière. De l'autre côté, des monts appartenant au Chili ; au milieu des langues de terre, des îlots, des rochers parfois peuplés d'otaries qui se prennent du bon temps et qu'on peut approcher en bateau. Aucun signe humain. C'est sauvage, superbe, grandiose et doit le rester...