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27 avril 2016

Toponymie

J'aime les noms à consonance médiévale. Casteljau, le castel de Jau (ou jal / gal) < latin "gallus" = coq. Le surnom était donné à l'origine aux coqs de villages, aux beaux parleurs. Le premier propriétaire du château tenait-il son nom d'un ancêtre "m'as-tu vu" ? ou du saint du même nom ?

Le village est blotti près de la retenue d'eau du Chassezac, une rivière ardéchoise qui sait se montrer capricieuse.

21 avril 2016

Planchette botanique


Une table, une chaise, l'ombre d'une terrasse, quelques passants, des échanges aimables et en prime un printemps qui offre généreusement des symphonies de couleurs... Pourquoi se priver d'instants aussi bucoliques et charmants et ne pas essayer de reproduire quelques plantes directement au pinceau ?

Alors voilà des fleurs de pommier, des petites fleurs bleues que je ne connais pas, un bout de branche de prunus et deux pervenches. Seule la dernière avec sa feuille a d'abord été esquissée au crayon.

12 avril 2016

Papier


   Les papiers, c'est connu, ont leurs caractéristiques, on pourrait presque dire leur caractère. Ils ne réagissent pas tous de la même manière et il est bon de les connaître un peu car une mauvaise gestion peut parfois s'avérer catastrophique. Les aquarellistes optent généralement pour la marque qui leur convient le mieux et s'y tiennent parce qu'ils ont appris à la connaître et à l'apprécier.

   J'aime encore bien me faire surprendre... J'ai donc fait dernièrement l'acquisition d'un papier chiffon tout droit venu d'Angleterre et j'avais hâte de l'essayer. Au final, il s'avère être relativement docile, c'est à dire qu'il se laisse travailler sans trop broncher, accepte quelques retraits et des rajouts sans baver ni tacher ni pelucher. Il absorbe tranquillement, sans se presser les pigments qui peuvent ainsi "travailler" et mieux s'ajuster même après les premières heures de séchage. Ce papier sait prendre son temps et laisse la magie opérer. Respect.

   Aquarelle hors cadre environ 33 cm x 23 cm. Papier Saunders Watterford, 300 g, grain fin.

8 avril 2016

Essai



En commandant par internet quelques tubes d'aquarelle, j'ai eu la surprise de trouver dans le lot deux mini-palettes cartonnées avec des pastilles d'aquarelle d'une marque que je ne connaissais pas (QoR). 

Alors je me suis amusé à faire un essai en prenant comme modèle un ficus vendu comme bonzaï. Comme les échantillons réduisaient les possibilités de verts, je me suis servi chez Sennelier. Voilà le résultat, brut de fonderie.

3 avril 2016

Page de carnet


     Mon carnet ne me quitte jamais. Il voisine avec une petite boîte d'aquarelles et trois pinceaux réservoir, un chiffon, quelques mouchoirs en papier, une gomme, un crayon et un stylo feutre dans un petit sac en bandoulière. Assis dans la voiture, à l'extérieur sur un tronc, un banc,  une pierre voire même debout en me servant d'un support quelconque, je croque ce qui me plaît sans craindre une indigestion ou une remontée brutale du cholestérol.

     Des gens s'arrêtent quelquefois. " Des poteaux de parc ? J'aurais jamais cru que ça se dessine !" On discute, on échange des banalités, on blague, on passe un moment serein... Parfois on fait connaissance. Il arrive qu'on se revoie dans un magasin, dans la rue. Un sourire, deux mots... Le liant d'un tissu social tient souvent à des petits riens qu'il est bon d'alimenter et de croquer sans modération.

26 mars 2016

Le jour s'est levé






Depuis combien de temps est-il là ? Une tempête l'a un jour foudroyé et le voilà écartelé avec ses branches squelettiques qui semblent implorer le ciel comme ces Pompéiens surpris et figés dans l'horreur. Un vieux mur s'éboule rongé par le temps et la végétation.

L'eau et la montagne, Yin et Yang, impassibles, immuables témoins froids du cycle de la vie. Un autre jour s'est levé...

Quelle est, demandez-vous,
l'ultime vérité ?
Chant de pêcheur,
dans les roseaux,
qui s'éloigne...
                         
                                    Wang Wei

Je vous souhaite de joyeuses Pâques. 

Aquarelle hors cadre, environ 38 cm x 29 cm, papier : Canson Vidalon, 300 g, grain prononcé.

20 mars 2016

Désespérance

Un certain nombre d'artistes se sentent obligés d'expliquer longuement, trop longuement leur démarche pour que le spectateur puisse comprendre l'oeuvre, quand ils ne commentent pas l'oeuvre même. Parfois le texte est écrit dans une langue tellement technique ou moderne ou tendance voire ésotérique qu'elle devient complètement opaque, hermétique pour le lecteur moyen que je prétends être. Je vois alors rouge et j'ai des éruptions cutanées.

A mon avis, une oeuvre même agrémentée d'un petit texte circonstancié doit parler d'elle-même et apporter sa charge d'émotions. Si le spectateur ne saisit pas l'essence même du message qu'elle est sensée transmettre, il y a de fortes chances qu'elle manque de lisibilité, qu'elle soit ratée.

Dans la cour de l'ancienne abbaye d'Auberive (Haute-Marne), transformée en prison pour femmes au XIX ème siècle -Louise Michel y séjourna-, il y a cette statue en bronze de Marc Petit. Rien de plus...

11 mars 2016

Coup de foudre


C'est connu, les saules fréquentent les fonds humides et sont très résistants. Ils s'accrochent désespérément à la vie et présentent souvent dans leur grande vieillesse des troncs tortueux, vermoulus, éclatés, évidés où malgré tout passe la sève qui leur donne encore et encore si fière allure avec une ramure vigoureuse à faire pâmer de jalousie les autres espèces plus jeunes. Même coupés, ils relancent des rejetons et disent avec leurs mots : "je suis toujours là" ! Il n'y a guère que le feu tombé du ciel qui en vient à bout.

Faut-il en conclure pour autant que les saules meurent souvent d'un coup de foudre ?

6 mars 2016

Magie de l'instant



Allez savoir pourquoi, il y a des jours où on a envie de se pincer !

Sur les flancs du volcan éteint Rana Kao, au sud de l'île de Pâques, j'ai dit à ma voisine : "Regardez, une aquarelle passe..." J'ai fixé l'instant. Elle a souri.

Hier, en reprenant la scène, tout en bataillant avec ce rouge pyrrole qui refuse si stoïquement de rendre les plis de la robe, je me suis dit que la photo n'était pas seulement due à la complémentarité rouge / vert... Y a aut' chose !

Aquarelle hors cadre environ 25 cm x 15 cm, papier Sennelier 300 g, grain fin.

29 février 2016

Arrêt sur image


L'île de Pâques, Rapa Nui en langue vernaculaire, est d'origine volcanique. C'est dire que les plages de sable y sont plutôt rares. Beaucoup de cailloux, des îlots rocheux autour desquels s'ébattent parfois des baigneurs.

Je m'étais assis à la terrasse d'un bistrot pour faire ce croquis. Le temps était superbe, l'eau transparente. Des grosses tortues marines montaient de temps à autre à la surface pour prendre une goulée d'air. Des surfeurs débutants taquinaient la vague en cherchant leur équilibre...

Un couple ami était passé par là. Nous avions bu un verre, parlé, ri. Le temps s'était un peu arrêté.

24 février 2016

Moaï



   Quand j'étais gamin, le chocolat à la vache avait fidélisé ses jeunes clients avec des images représentant "Les Merveilles du Monde" qu'on collait dans un album dans lequel un commentaire permettait de mieux les comprendre. Le but du jeu consistait à trouver les images pour compléter l'album tout en apprenant à connaître ce qu'il y avait de l'autre côté de la rue... en achetant des tablettes.Je n'avais bien sûr jamais entendu parler de l'Île de Pâques mais les photos des Moaï, ces géants de pierre m'avaient fait rêver : "quand je serai grand..." 

   Et voilà, j'ai un peu grandi et c'est encore plus grandiose que tout ce que j'avais pu imaginer ! C'est complètement fou !! Et dire que les gens qui les ont extraits de la montagne de lave et sculptés ne connaissaient pas le fer !!

   Bien évidemment, des hypothèses sur les origines et les croyances de ces peuplades existent, beaucoup de mystères aussi.

8 février 2016

Puerto Natales

Puerto Natales est une petite ville située sur un des innombrables bras de mer qui découpent la côte de l'Antartique chilien. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un port (de pêche), chef-lieu de la province de Ultima Esperanza (la dernière espérance ou le dernier espoir) qui donne une idée de l'état d'esprit des premiers colons.




Une petite jetée et surtout un peu de temps libre offrent quelques possibilités de croquis.


Au bout, "La plaza del viento" visible de loin grâce à ses sculptures métalliques représente un couple s'élançant dans le vent intitulé "Amores de viento en Natales", tout un programme !! Une structure cimentée comme on en voit maintenant un peu partout est réservée aux adeptes de la planche à roulettes et vélo d'acrobaties. On les voit s'exercer avec une persévérance qui flirte  parfois avec de l'entêtement et finir par réaliser des figures compliquées qu'ils s'imposent. Des bancs, des murets permettent à un public bon enfant de prendre l'air, de se rencontrer et bavarder en assistant à un spectacle permanent et gratuit.

4 février 2016

Perito Moreno


Dans le Parc National de Patagonie, à l'Ouest d'El Calafate, le Perito Moreno est un des nombreux glaciers qui descendent de la Cordillère des Andes. C'est l'un des plus grands et le plus connu. Il termine sa course dans l'un des nombreux bras de l'immense Lac Argentin aux eaux turquoise ou émeraude selon le temps. Le front peut atteindre 70 mètres de haut et d'énormes blocs de glace s'en détachent sans prévenir dans un grand fracas. C'est grandiose !! 

Il serait plutôt climatosceptique puisque ledit réchauffement climatique semble le laisser froid. En effet, au dire des gens avisés, il augmenterait, grandirait...

 Je ne sais pas pourquoi mais ce grain de sable dans un rouage bien huilé me plaît.

1 février 2016

Ushuaia. Canal Beagle

La ville d'Ushuaia, en s'agrandissant, "mange" petit à petit la colline au pied de laquelle on a commencé à la construire. On enlève un bout de forêt et on construit des maisons.

 L'hôtel où j'étais, est situé tout en haut et offre une vue panoramique sur le "Canal Beagle". C'est un bout de mer qui remonte depuis la région est du Cap Horn sur environ 240 kilomètres et qui rejoint le Pacifique à l'Ouest. Il sert de frontière. De l'autre côté, des monts appartenant au Chili ; au milieu des langues de terre, des îlots, des rochers parfois peuplés d'otaries qui se prennent du bon temps et qu'on peut approcher en bateau. Aucun signe humain. C'est sauvage, superbe, grandiose et doit le rester...

28 janvier 2016

Ushuaia, ancien bagne

Le nom fait rêver ... C'est la ville la plus australe située dans une bande de terre séparée du reste de l'Argentine par le détroit de Magellan au nord tandis que l'ouest et le sud avec le fameux Cap Horn, appartiennent au Chili. A l'est, il y a l'Océan Atlantique. Le climat y est plus que capricieux, venteux et froid. Alors qu'il faisait environ une trentaine de degrés au départ de Buenos Aires (c'est l'été là-bas), à la descente de l'avion il faisait 7 °C et chose rare, du soleil ! Le soir même et toute la nuit il a neigé !!!

 Les autorités y avaient fait construire un bagne au XIX ème siècle. C'est ainsi que le premier groupe de bagnards est arrivé à Ushuaia en janvier 1896 à bord du bateau "1. de Mayo" C'était le début de la prison des récidivistes logés provisoirement dans des maisons de bois et de tôles. Par la suite, on y installa un bagne militaire et des bâtiments furent construits par les prisonniers qu'on utilisa également pour installer des ponts, des routes, pour exploiter des forêts...

 A l'extérieur de ces bâtiments transformés en musée, deux statues représentent avec réalisme des activités quotidiennes des bagnards.

25 janvier 2016

Buenos Aires : Plaza de Mayo

Une petite absence d'une quinzaine de jours pour un grand voyage en Argentine, Chili et l'Île de Pâques et bien sûr quelques croquis 'volés' car dans tout ce qui est organisé, planifié, minuté il n'y a guère d'espace pour le dessin qui exige un rythme plus lent.

 Buenos Aires, capitale de l'Argentine et sa célèbre Place de Mai (Plaza de Mayo) en face de la casa Rosada (maison rose) où réside le pouvoir exécutif de la Nation. Depuis la chambre de l'hôtel, entre des arrières tristes d'immeubles apparaît le sommet de la Tour du palais de la législature et sur la place même, campaient durant plusieurs jours et nuits sous de grandes tentes et bâches en plastique noir des manifestants vétérans de la Guerre des Malouines (2 avril 1982 au 14 juin 1982 entre les gouvernements de la junte militaire argentine et celui de Margaret Tatcher). Les contestataires occupaient une partie de la place et passaient leur temps à discuter et à jouer aux cartes. Beaucoup d'affiches et banderoles exprimaient leurs revendications. De l'autre côté de la barrière, la police ...

J'ai recopié un texte écrit à la craie sur le sol dont voici la traduction :

Les gouvernements passent
La répression reste
La lutte aussi
4644
gosses assassinés par
l'appareil gouvernemental.

Les 4644 tués désignent probablement le total des victimes de la junte militaire. La Guerre des Malouines a coûté la vie à 649 militaires argentins, 255 militaires britanniques et 3 insulaires. (Source Wikipédia).


3 janvier 2016

Fi de l'incertitude



Entre neige et brume, le temps hésite. Entre El Niño et le réchauffement, il ne sait plus où il en est. Quel temps fera-t-il demain ? Il n'en sait rien. La nature a bien mis son pyjama pour le repos hivernal mais ne dort que d'un oeil. Elle non plus ne sait pas. Elle a le sommeil agité et craint de se réveiller avec un troupeau de bisons sous le crâne.

De nature plutôt optimiste, je pense qu'elle nous réserve de belles surprises. Fi donc de l'incertitude et de la morosité ambiantes qui n'apportent qu'aigreurs, teint jaune, oeil terne, abord gris comme une feuille d'impôt ! Je vous souhaite une belle année 2016 avec du soleil dans le coeur, des sourires, des rencontres, des échanges, des projets et tout et tout...

Aquarelle hors cadre environ 28 cm x 20 cm. Papier Montval, 300 g, grain fin.

28 décembre 2015

Passionnément vôtre



Fin d'après-midi. On quitte un peu à regret la vague joueuse. On porte, on tire, on traîne la planche devenue lourde. Demain sera un autre jour.

Je n'ai jamais fait de surf parce que je n'aime pas me baigner. Mais j'admire les prouesses techniques patiemment élaborées des surfeurs.

D'une manière générale, les gens qui vivent une passion m'intéressent, parfois me fascinent. Vous êtes-vous déjà trouvé au milieu d'un groupe de personnes partageant la même passion ? Ecoutez-les parler... Vous avez l'impression que votre langue vous échappe par lambeaux entiers. Il y a des blancs à la surface de la ligne sémantique. Vous êtes ailleurs. Vous êtes chez eux... Vous finissez par demander timidement un semblant d'éclaircissement, histoire de ne pas rester idiot. Il n'est pas rare alors de voir quelqu'un se lancer dans un trop-plein d'explications. Il vous accapare. Il a une oreille.

J'adore ces moments... Je n'écoute pas trop ce qu'il me dit, j'écoute comment il me le dit. Ça me passionne !

Aquarelle hors-cadre, environ 22 cm x 30 cm. Papier Montval, 300 g, grain fin.

16 décembre 2015

Alors voilà


C'est le matin. Quelques lames de brume s'attardent ici et là à la lisière de l'agglomération encore engourdie.

Moment fragile et éphémère où la féerie opère. Le soleil commence à percer le voile nuageux et la cité prend un air de fête et scintille de toutes ses paillettes.

Quelqu'un a su saisir ce moment magique et m'a envoyé la photo. Alors voilà...

Aquarelle hors cadre environ 38 cm x 26 cm. Papier Arches 300 g, grain torchon.

7 décembre 2015

Problèmes d'intégration






Samedi 5 décembre, à Bezannes, à côté de Reims, stage aquarelle avec Nicole Zeimet. Le thème était : silhouettes humaines et leur intégration dans un espace urbain.

Nous avons commencé par des exercices sous forme de gammes : tracer des silhouettes sans lever le pinceau si possible. En haut, un premier essai, à froid et puis un second plus tard dans la journée.

Pour ce qui est de leur intégration dans un espace urbain,  il me faudra remettre l'ouvrage sur le métier....