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6 mars 2016

Magie de l'instant



Allez savoir pourquoi, il y a des jours où on a envie de se pincer !

Sur les flancs du volcan éteint Rana Kao, au sud de l'île de Pâques, j'ai dit à ma voisine : "Regardez, une aquarelle passe..." J'ai fixé l'instant. Elle a souri.

Hier, en reprenant la scène, tout en bataillant avec ce rouge pyrrole qui refuse si stoïquement de rendre les plis de la robe, je me suis dit que la photo n'était pas seulement due à la complémentarité rouge / vert... Y a aut' chose !

Aquarelle hors cadre environ 25 cm x 15 cm, papier Sennelier 300 g, grain fin.

29 février 2016

Arrêt sur image


L'île de Pâques, Rapa Nui en langue vernaculaire, est d'origine volcanique. C'est dire que les plages de sable y sont plutôt rares. Beaucoup de cailloux, des îlots rocheux autour desquels s'ébattent parfois des baigneurs.

Je m'étais assis à la terrasse d'un bistrot pour faire ce croquis. Le temps était superbe, l'eau transparente. Des grosses tortues marines montaient de temps à autre à la surface pour prendre une goulée d'air. Des surfeurs débutants taquinaient la vague en cherchant leur équilibre...

Un couple ami était passé par là. Nous avions bu un verre, parlé, ri. Le temps s'était un peu arrêté.

24 février 2016

Moaï



   Quand j'étais gamin, le chocolat à la vache avait fidélisé ses jeunes clients avec des images représentant "Les Merveilles du Monde" qu'on collait dans un album dans lequel un commentaire permettait de mieux les comprendre. Le but du jeu consistait à trouver les images pour compléter l'album tout en apprenant à connaître ce qu'il y avait de l'autre côté de la rue... en achetant des tablettes.Je n'avais bien sûr jamais entendu parler de l'Île de Pâques mais les photos des Moaï, ces géants de pierre m'avaient fait rêver : "quand je serai grand..." 

   Et voilà, j'ai un peu grandi et c'est encore plus grandiose que tout ce que j'avais pu imaginer ! C'est complètement fou !! Et dire que les gens qui les ont extraits de la montagne de lave et sculptés ne connaissaient pas le fer !!

   Bien évidemment, des hypothèses sur les origines et les croyances de ces peuplades existent, beaucoup de mystères aussi.

8 février 2016

Puerto Natales

Puerto Natales est une petite ville située sur un des innombrables bras de mer qui découpent la côte de l'Antartique chilien. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un port (de pêche), chef-lieu de la province de Ultima Esperanza (la dernière espérance ou le dernier espoir) qui donne une idée de l'état d'esprit des premiers colons.




Une petite jetée et surtout un peu de temps libre offrent quelques possibilités de croquis.


Au bout, "La plaza del viento" visible de loin grâce à ses sculptures métalliques représente un couple s'élançant dans le vent intitulé "Amores de viento en Natales", tout un programme !! Une structure cimentée comme on en voit maintenant un peu partout est réservée aux adeptes de la planche à roulettes et vélo d'acrobaties. On les voit s'exercer avec une persévérance qui flirte  parfois avec de l'entêtement et finir par réaliser des figures compliquées qu'ils s'imposent. Des bancs, des murets permettent à un public bon enfant de prendre l'air, de se rencontrer et bavarder en assistant à un spectacle permanent et gratuit.

4 février 2016

Perito Moreno


Dans le Parc National de Patagonie, à l'Ouest d'El Calafate, le Perito Moreno est un des nombreux glaciers qui descendent de la Cordillère des Andes. C'est l'un des plus grands et le plus connu. Il termine sa course dans l'un des nombreux bras de l'immense Lac Argentin aux eaux turquoise ou émeraude selon le temps. Le front peut atteindre 70 mètres de haut et d'énormes blocs de glace s'en détachent sans prévenir dans un grand fracas. C'est grandiose !! 

Il serait plutôt climatosceptique puisque ledit réchauffement climatique semble le laisser froid. En effet, au dire des gens avisés, il augmenterait, grandirait...

 Je ne sais pas pourquoi mais ce grain de sable dans un rouage bien huilé me plaît.

1 février 2016

Ushuaia. Canal Beagle

La ville d'Ushuaia, en s'agrandissant, "mange" petit à petit la colline au pied de laquelle on a commencé à la construire. On enlève un bout de forêt et on construit des maisons.

 L'hôtel où j'étais, est situé tout en haut et offre une vue panoramique sur le "Canal Beagle". C'est un bout de mer qui remonte depuis la région est du Cap Horn sur environ 240 kilomètres et qui rejoint le Pacifique à l'Ouest. Il sert de frontière. De l'autre côté, des monts appartenant au Chili ; au milieu des langues de terre, des îlots, des rochers parfois peuplés d'otaries qui se prennent du bon temps et qu'on peut approcher en bateau. Aucun signe humain. C'est sauvage, superbe, grandiose et doit le rester...

28 janvier 2016

Ushuaia, ancien bagne

Le nom fait rêver ... C'est la ville la plus australe située dans une bande de terre séparée du reste de l'Argentine par le détroit de Magellan au nord tandis que l'ouest et le sud avec le fameux Cap Horn, appartiennent au Chili. A l'est, il y a l'Océan Atlantique. Le climat y est plus que capricieux, venteux et froid. Alors qu'il faisait environ une trentaine de degrés au départ de Buenos Aires (c'est l'été là-bas), à la descente de l'avion il faisait 7 °C et chose rare, du soleil ! Le soir même et toute la nuit il a neigé !!!

 Les autorités y avaient fait construire un bagne au XIX ème siècle. C'est ainsi que le premier groupe de bagnards est arrivé à Ushuaia en janvier 1896 à bord du bateau "1. de Mayo" C'était le début de la prison des récidivistes logés provisoirement dans des maisons de bois et de tôles. Par la suite, on y installa un bagne militaire et des bâtiments furent construits par les prisonniers qu'on utilisa également pour installer des ponts, des routes, pour exploiter des forêts...

 A l'extérieur de ces bâtiments transformés en musée, deux statues représentent avec réalisme des activités quotidiennes des bagnards.

25 janvier 2016

Buenos Aires : Plaza de Mayo

Une petite absence d'une quinzaine de jours pour un grand voyage en Argentine, Chili et l'Île de Pâques et bien sûr quelques croquis 'volés' car dans tout ce qui est organisé, planifié, minuté il n'y a guère d'espace pour le dessin qui exige un rythme plus lent.

 Buenos Aires, capitale de l'Argentine et sa célèbre Place de Mai (Plaza de Mayo) en face de la casa Rosada (maison rose) où réside le pouvoir exécutif de la Nation. Depuis la chambre de l'hôtel, entre des arrières tristes d'immeubles apparaît le sommet de la Tour du palais de la législature et sur la place même, campaient durant plusieurs jours et nuits sous de grandes tentes et bâches en plastique noir des manifestants vétérans de la Guerre des Malouines (2 avril 1982 au 14 juin 1982 entre les gouvernements de la junte militaire argentine et celui de Margaret Tatcher). Les contestataires occupaient une partie de la place et passaient leur temps à discuter et à jouer aux cartes. Beaucoup d'affiches et banderoles exprimaient leurs revendications. De l'autre côté de la barrière, la police ...

J'ai recopié un texte écrit à la craie sur le sol dont voici la traduction :

Les gouvernements passent
La répression reste
La lutte aussi
4644
gosses assassinés par
l'appareil gouvernemental.

Les 4644 tués désignent probablement le total des victimes de la junte militaire. La Guerre des Malouines a coûté la vie à 649 militaires argentins, 255 militaires britanniques et 3 insulaires. (Source Wikipédia).


3 janvier 2016

Fi de l'incertitude



Entre neige et brume, le temps hésite. Entre El Niño et le réchauffement, il ne sait plus où il en est. Quel temps fera-t-il demain ? Il n'en sait rien. La nature a bien mis son pyjama pour le repos hivernal mais ne dort que d'un oeil. Elle non plus ne sait pas. Elle a le sommeil agité et craint de se réveiller avec un troupeau de bisons sous le crâne.

De nature plutôt optimiste, je pense qu'elle nous réserve de belles surprises. Fi donc de l'incertitude et de la morosité ambiantes qui n'apportent qu'aigreurs, teint jaune, oeil terne, abord gris comme une feuille d'impôt ! Je vous souhaite une belle année 2016 avec du soleil dans le coeur, des sourires, des rencontres, des échanges, des projets et tout et tout...

Aquarelle hors cadre environ 28 cm x 20 cm. Papier Montval, 300 g, grain fin.

28 décembre 2015

Passionnément vôtre



Fin d'après-midi. On quitte un peu à regret la vague joueuse. On porte, on tire, on traîne la planche devenue lourde. Demain sera un autre jour.

Je n'ai jamais fait de surf parce que je n'aime pas me baigner. Mais j'admire les prouesses techniques patiemment élaborées des surfeurs.

D'une manière générale, les gens qui vivent une passion m'intéressent, parfois me fascinent. Vous êtes-vous déjà trouvé au milieu d'un groupe de personnes partageant la même passion ? Ecoutez-les parler... Vous avez l'impression que votre langue vous échappe par lambeaux entiers. Il y a des blancs à la surface de la ligne sémantique. Vous êtes ailleurs. Vous êtes chez eux... Vous finissez par demander timidement un semblant d'éclaircissement, histoire de ne pas rester idiot. Il n'est pas rare alors de voir quelqu'un se lancer dans un trop-plein d'explications. Il vous accapare. Il a une oreille.

J'adore ces moments... Je n'écoute pas trop ce qu'il me dit, j'écoute comment il me le dit. Ça me passionne !

Aquarelle hors-cadre, environ 22 cm x 30 cm. Papier Montval, 300 g, grain fin.

16 décembre 2015

Alors voilà


C'est le matin. Quelques lames de brume s'attardent ici et là à la lisière de l'agglomération encore engourdie.

Moment fragile et éphémère où la féerie opère. Le soleil commence à percer le voile nuageux et la cité prend un air de fête et scintille de toutes ses paillettes.

Quelqu'un a su saisir ce moment magique et m'a envoyé la photo. Alors voilà...

Aquarelle hors cadre environ 38 cm x 26 cm. Papier Arches 300 g, grain torchon.

7 décembre 2015

Problèmes d'intégration






Samedi 5 décembre, à Bezannes, à côté de Reims, stage aquarelle avec Nicole Zeimet. Le thème était : silhouettes humaines et leur intégration dans un espace urbain.

Nous avons commencé par des exercices sous forme de gammes : tracer des silhouettes sans lever le pinceau si possible. En haut, un premier essai, à froid et puis un second plus tard dans la journée.

Pour ce qui est de leur intégration dans un espace urbain,  il me faudra remettre l'ouvrage sur le métier....

28 novembre 2015

Migration contrariée


L'aquarelle est inspirée d'une photo de Christian Seguié, menuisier-ébéniste à Montner (autourde.over-blog.com), avec son aimable autorisation.

J'aime ces atmosphères de brume, les matins d'automne quand la nature pudique se laisse deviner.

Techniquement, l'exercice ne pose pas de problème particulier sauf peut-être pour la barre sombre du ciel qui exige une bonne coordination gestuelle et en amont, une préparation correcte des ingrédients et instruments. Il faut éviter qu'une fois posés, les pigments migrent partout mais se cantonnent aux endroits choisis. Cela s'obtient en les faisant précipiter par élimination rapide de l'eau dans laquelle ils baignent.
Comment ? Avec un sèche-cheveux tenu à bonne distance.

Aquarelle hors-cadre environ 40 cm x 25 cm. Papier Canson Vidalon 300 g, grain prononcé.

21 novembre 2015

Variations




Trois variations sous forme d'exercices sur un même thème en s'intéressant aux différentes valeurs. (La valeur d'une couleur est son degré de clarté ou de foncé). L'ensemble des valeurs d'une couleur peut-être visualisée par une bande de cette couleur qu'on diluera de plus en plus. Au début, on aura sa valeur la plus foncée (celle qui sort du tube) et à l'autre bout des différentes dilutions, le blanc du papier.

Le rôle des valeurs est de créer des illusions de lumière et d'atmosphère ou d'espace.

17 novembre 2015

Stage Wassy


Dimanche 15 novembre, journée de stage à Wassy avec Nicole Zeimet qui travaille l'aquarelle humide, une technique que je maîtrise mal. Pas de tracé préalable au crayon mais une feuille bien humide, voire mouillée et des couleurs posées à l'aide de gros pinceaux avec quand même un thème imposé et un résultat final attendu mais en restant ouvert à tous les aléas possibles en se laissant guider par les taches de couleurs et leurs évolutions sur la feuille. Une règle cependant : respecter une logique dans la pose des différents pigments selon qu'ils appartiennent aux teintures, aux sédiments ou aux minéraux. J'ignorais jusqu'à peu ces notions et le grand apport de ce professeur c'est d'avoir fait travailler les pigments selon ce principe. Les résultats (les siens) sont étonnants et ouvrent de nouveaux horizons.

Je ne pavoise certes pas mais voici un petit aperçu de ce que j'ai essayé de produire en suivant sa démo, sachant que les contrastes crus et forts étaient demandés.

7 novembre 2015

La grande affaire


L'arrière-saison reste douce et le pêcheur n'a pas encore rangé sa barque pour l'hiver. Elle a juste été tirée au sec dans l'herbe en attendant la prochaine sortie qui, n'en doutons pas est imminente.

En effet, il sait que là-bas, à l'ombre d'un fourré, dans un trou d'eau, à l'abri dans l'enchevêtrement des racines, une belle pièce l'attend. Depuis des mois, elle le provoque, le nargue, se joue de lui jusqu'à le perturber. Ou il ferre trop tôt et l'appât est perdu, ou il est trop tard et il est obligé de changer son bas de ligne, l'autre étant resté entortillé dans une souche immergée. Parfois même l'animal s'approche nonchalamment du bateau, laisse entrevoir son dos musclé à proximité du flotteur, ride la surface de l'eau puis disparaît. Il s'est promis d'en venir à bout, il y va de son honneur... et de son sommeil ! Jamais il n'a été mis en échec aussi longtemps par un poisson aussi diabolique. C'est devenu la grande affaire de sa carrière de pêcheur.

Petite aquarelle démo, environ 12 cm x 22 cm hors cadre, papier Montval, 300 g, grain fin.

30 octobre 2015

Immobilité apparente


Même debout à regarder tranquillement des tableaux, les gens restent rarement immobiles. Il faut très rapidement croquer les attitudes générales au crayon tout en mémorisant quelques détails et les couleurs. 

C'est souvent frustrant, décourageant et même rebutant parfois car les résultats sont à la hauteur des difficultés et l'insatisfaction quasi permanente.... Il faut alors considérer le verre à moitié plein, remettre l'ouvrage sur le métier car le voyage n'est pas fini puisque c'est une vis sans fin.

26 octobre 2015

La barque


A la voir ainsi, à moitié tirée sur l'herbe, on pourrait la croire abandonnée, prête à s'en aller à la dérive à la prochaine montée des eaux ... Que nenni !! Son propriétaire s'est juste absenté pour chercher le moteur électrique et son matériel de pêche. Il va taquiner le brochet. Souhaitons-lui une belle journée.

J'aime ces matins frais pleins de promesses.

Il y avait l'exposition annuelle de peinture à Liffol-le-Grand (Vosges) samedi et dimanche dernier et voilà le résultat de la démo faite à cette occasion.
Aquarelle hors cadre environ 17 cm x 27 cm. Papier Moulin du Roy, 300 g grain fin.

23 octobre 2015

Centaurée jacée

Centaurea jacea (L), c'est son nom de baptême officiel, celui que lui a donnée Linnée. Cette fleur très courante possède bien d'autres noms, dits populaires, mais aussi bien plus charmants : Chardon des prés, Têtue, Tête noire, Tête de moineau, Barbeau, Trésor des prés, Fleur de galant, Herbe d'amour... On en trouve encore quelques-unes mais ce sont les dernières de l'année.

C'est en remontant dans la voiture que je l'ai vue, là, tout à côté dans l'herbe. J'ai juste un peu regretté de ne pas avoir dans ma palette à croquis ce magnifique violet de cobalt qui l'aurait rendue plus lumineuse. 

Bonne fin de semaine à tous.

12 octobre 2015

L'élégance d'une ronce


La ronce, déjà son nom est rude : il commence par une consonne un rien gutturale suivie d'une voyelle sombre et termine par une sifflante !! Tout cela n'est guère rassurant et connote piqûres et griffures diverses aux jambes, aux bras, aux mains et parfois au visage, accrocs aux vêtements...

Bien sûr, il y a les mûres et les excellentes confitures et gelées, leurs apports vitaminiques. Mais tout cela se mérite ! C'est vrai qu'il y a la satisfaction du "fait maison, la joie de faire goûter, le plaisir d'offrir. Cela ne suffit pas pour rendre la ronce sympathique.

Mais quelle élégance quand elle jaillit du fourré, enjambe ses congénères, contourne les obstacles et s'élance à la conquête d'un nouvel espace.