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19 septembre 2017

Coloquinte


J'avais trouvé au printemps dernier un paquet de graines de coloquintes pour la somme surréaliste de 30 centimes dans un magasin dont je n'ose dévoiler le nom.
Elles ont toutes levé produisant des courges colorées et verruqueuses pour la plupart. Elles sont décoratives et se conservent bien.

Moins visible sur l'original, je trouve que les pigments utilisés pour l'ombre (outre-mer + magenta + bleu de Prusse sur un fond légèrement orangé) ont bizarrement réagi sur ce papier (Etival chez Clairefontaine) en créant un aspect un peu moiré inattendu.

16 septembre 2017

Reflets



Je l'ai dit et le répéterai encore et encore : j'aime les lieux humides, silencieux et mystérieux, un peu glauques, pleins de vies cachées. Les raisons de cette attirance sont multiples et remontent à l'enfance. Parmi mes nombreuses balades, mes pas me ramènent toujours à la Meuse au bord de laquelle je m'assois pour écouter ses bruits furtifs, surprendre ses éclairs de vie, goûter le silence bruissant. Je sais que pour quelques pêcheurs le poisson n'est qu'un prétexte. Il y a autre chose qui s'apparente à de la poésie.

L'eau dormante ne dort pas,
Elle rêve, j'en suis sûr,
Car son rêve,
Elle le murmure, 
Doucement,
Pour ceux qui comprennent,
Ceux qui aiment,
Son frissonnement.
Son rêve est bien apaisant,
Il lui donne un aspect tranquille
Immobile et changeant,
L'eau dormante sourit, 
Elle est heureuse,
C'est l'eau rêveuse.

                Jean Orizet

Aquarelle hors cadre environ 37 cm x 27 cm. Papier Saunders Waterford, 300 g, grain fin.

11 septembre 2017

Courrier fleuri (2)




Et voilà deux autres enveloppes fleuries. L'une postée à Bruxelles a mis 9 jours pour parcourir la distance inouïe de 407,4 kilomètres (dixit ma pie) dont une partie en avion... -Non, non, pas en VIP, ni même en VIC* !!- Merci à l'inconnu qui a bien voulu jouer le jeu.

L'autre, partie d'Ardèche par le pony express local est arrivée dans les délais raisonnables et convenus. Après tout, c'est ce qu'on attend de l'institution. Merci à Andrée Erato pour les deux beaux timbres qui illustrent le thème de la paix qu'il est si difficile de préserver.

*VIC Very important courrier

7 septembre 2017

Courrier fleuri (1)

Ça y est ! La première est arrivée ce matin. Elle a mis quatre jours, un exploit, pour faire le trajet depuis la presqu'île de Giens, vous savez là ousqu'il y a La Madrague...

C'est Yann Lesacher qui m'a soufflé l'idée. Lui, son truc c'est les oiseaux. Ils sont magnifiques.(Allez donc voir son blog : yal.over-blog.com). Le mien c'est la botanique. Je photographie puis dessine les fleurs et fruits de par ici pour essayer de me constituer un album d'enveloppes aquarellées provenant des quatre coins de la France et de l'étranger.

Si vous êtes intéressé(e) et avez envie de me retourner un courrier fleuri ou fruité depuis votre région ou lieu de vacances voire de l'étranger,  je vous laisserai mon adresse internet dans la réponse à votre commentaire.

Grand merci à Scottie pour ce premier envoi.

1 septembre 2017

Nose


J'ignore pourquoi une farfouille a pris phonétiquement le nom de cet attribut. "Avoir du nez" signifie , entre autre, avoir de la chance. C'est ce qui m'est arrivé un jour de l'an dernier où je m'étais acheté pour six sous un petit rosier fleuri en pot. Quand la plante s'est mise en dormance, je l'ai plantée dans un bout de jardin à côté d'autres rosiers en me disant : "qui sait ? peut-être que ? pourquoi pas ??..."

Et puis le pied s'est doucement réveillé ce printemps. J'ai d'abord pensé qu'il s'installait tranquillement, qu'il prenait son temps après le stress de tous les déplacements qu'il a connus... Et puis voilà qu'il s'est mis en mode floraison abondante tout à fait à son aise dans son pré carré, pas gêné pour un sou. Heureuse surprise que j'ai voulu partager avec cet échantillon.

24 août 2017

A minima



Comme la musique, un dessin, une peinture peut être minimaliste. A partir de quelques éléments, le regard se balade, l'esprit vagabonde, l'imagination s'imprègne d'une atmosphère pour se raconter des histoires.

J'avais découpé la photo dans une revue il y a très longtemps dans l'idée de l'aquareller un jour. L'austérité du lieu perdu dans la solitude d'un paysage ouvert à tout vent, à toute lumière, à toute saison, à toute éventualité m'avait "interpellé" pour employer une expression actuelle. J'aime ces lieux dénudés, aérés où le regard porte loin mais je ne voudrais pas y vivre... pour les mêmes raisons.

Déjà au Moyen-Âge des hommes avaient dû être suffisamment pénétrés par l'esprit du lieu pour y construire une église et son cimetière. Cette plaine existait-elle alors en l'état ou est-ce le résultat d'un défrichement lors d'une période de paix et de naissances ? Combien, le dos courbé, ont gratté cette terre pour des récoltes toujours aléatoires et puis s'y sont couchés pour participer au grand cycle ?

Vous voyez, c'est simple : il suffit de lâcher la bride à la gamberge et de vous laisser emmener au galop au fil des mots et des images. Vous arriverez forcément en un lieu, quelque part et qui sait, peut-être serez-vous étonné, amusé... ?

15 août 2017

Larima


           
Larima quoi ?

 L'oiseau passa
La graine lâcha
Elle germa
Puis poussa
Je la dessina
Puis la peigna
Et puis voilà...

Pff, c'est nul...

La rime à rien !!

8 août 2017

Malchance ou acte manqué




Qui n'a pas connu ces moments pénibles où on a l'impression que tout se ligue contre vous pour vous empêcher de faire quelque-chose ? D'aucuns appellent cela "acte manqué" car on n'aurait inconsciemment pas vraiment envie de le faire.

Pendant toute la semaine passée à Cordoue, j'avais zoné à proximité des anciens bains de l'Alcazar sans jamais les trouver alors que la carte indiquait bien l'endroit. Quand j'ai eu enfin trouvé l'entrée et bien enregistré les horaires d'ouverture, je m'y suis présenté le lendemain, veille de mon retour en France. Horreur !! c'était justement ce jour-là que les horaires avaient changé. Comme d'habitude, je n'avais pas lu les indications jusqu'au bout... Je n'ai donc pas franchi cette porte prise sur un prospectus. Alors malchance ou acte manqué ou... ?

Petite aquarelle, hors cadre environ 21 cm x 14 cm. Papier Montval 300 g, grain fin.

3 août 2017

Althéa



Il y a une quinzaine d'années j'avais planté un althéa bleu / mauve qui depuis fleurit chaque année en août. Elles ne durent pas très longtemps mais l'arbuste est prolifique si bien qu'il reste couvert de fleurs pendant plusieurs semaines et j'aime les fleurs bleues. Et puis le mot "hibiscus" est joli, il évoque les tropiques, les filles s'en mettent dans les cheveux et j'aime bien aussi.

29 juillet 2017

Transcendance




Fayl-Billot, Haute-Marne, capitale de la vannerie à 25 kilomètres de Langres en direction de Vesoul.

J'avais été invité par "L'association du Fayl" (= Hêtre) pour une journée intitulée : "Les peintres dans la rue".

Il faisait grand soleil et ma petite tâche d'ombre du matin avait disparu après le repas ce qui rendait le blanc du papier aveuglant. Et puis le dessin du lavoir que je voulais représenter était franchement mauvais... Je me suis alors mis à l'ombre de l'église du XVI ème siècle juste derrière ledit lavoir pour y trouver matière à faire des croquis car je n'avais pas oublié les judicieux conseils de Yann Lesacher (allez donc voir le blog de yal) : "Tous les sujets sont intéressants .... Accueillir ce qu'offre la paysage sans à priori, sans jugement. Le but est de transcender le sujet pour en faire quelque chose de vivant..."

Dans un coin, il y avait des bouts de vieilles colonnes cassées et moussues provenant de très anciennes sépultures et en face un mur avec un bout de haie de la propriété attenante. J'ai donc essayé de transcender.

22 juillet 2017

P'tit coqu'licot



"C'est très curieux comm' tes yeux brillent
En te rapp'lant la jolie fille !
Ils brill' si fort qu'c'est un peu trop 
Pour expliquer les coqu'licots"

C'est plus fort que moi, je ne peux pas m'en empêcher : chaque fois que je dessine des coqu'licots, il me revient les paroles de cette belle chanson si bien interprétée par Mouloudji.

Allez savoir pourquoi ? Mon côté fleur bleue peut-être ?

Aquarelle hors cadre 40 cm x 30 cm. Papier Moulin du Roy, 300 g. coton.

A partir d'une photo de Christian Séguié menuisier-ébéniste à Montner (66 720) avec son aimable autorisation.

12 juillet 2017

A la manière de



C'est bien connu, on trouve tout et n'importe quoi sur internet, le pire et le meilleur et les démos aquarelle n'y échappent pas. Il y a celles dans lesquelles on parle beaucoup et on montre peu voire rien et les autres...

Parmi ces dernières, j'aime beaucoup le travail de Steve Mitchell (The Mind of Watercolor sur You Tube) et son humour un peu décalé dont je ne saisis que trop peu le contenu, barrière linguistique oblige. Par contre, ses démos sont d'une clarté et d'une limpidité déconcertantes et on n'a qu'une envie en le voyant faire : prendre ses pinceaux et commencer.

Voici une petite aquarelle (à la manière de) réalisée hier à Langres (Haute-Marne) lors d'une exposition peinture-sculpture à l'ancienne chapelle Diderot organisée par "l'Association du Fayl" qui a eu la gentillesse de m'inviter à se joindre à eux pendant toute la semaine.

Aquarelle hors-cadre : 21 cm x 17 cm, papier Arches, 100 % coton, grain torchon, 300 g.

6 juillet 2017

Cordoue, Alcazar

Appelée l'Alcazar des Rois chrétiens, cette très ancienne construction connut bien des vicissitudes au cours des siècles. Elle a été classée au patrimoine mondiale de l'UNESCO.

 Elle méritait une visite attentive, documentée et prolongée de flâneries et de rêveries dans les jardins ombragés à la recherche de fraîcheur, du bruit de l'eau et de paix. Le regard erre alors librement et les sujets de croquis arrivent d'eux-mêmes.





29 juin 2017

Luis

Si vous allez à Cordoue, ne manquez pas de visiter le musée archéologique qui contient de très beaux objets de l'époque romaine. Il donne sur une petite place ombragée à l'écart de la foule du quartier touristique pourtant tout proche : la plazza Jeronimo Paez. Une fontaine circulaire pleine d'eau claire et fraîche, une terrasse et un petit restaurant la Cavea.

Et puis Luis, un guitariste taciturne qui jouait divinement et avec une facilité déconcertante des morceaux de Django Reinhart sur une guitare on ne peut plus ordinaire. Sans efforts apparents, sans contorsions, les notes sortaient de l'instrument et passaient dans un petit ampli qui faisait aussi boîte d'accompagnement. J'avais d'abord cru, en sortant du musée qu'il s'agissait d'un disque avant d'apercevoir le guitariste. Comme il ne m'avait pas vu le croquer, il a été très étonné quand je lui ai demandé de signer.


Le lendemain, j'y suis retourné pour me restaurer et l'écouter. Pendant que je dessinais un rosier grimpant qui explosait sur un mur blanc de soleil, Luis jouait à côté, toujours assis sur le rebord de la fontaine. Il jetait de temps à autre un coup d'oeil sur la progression du croquis. Et puis il a fait la quête parmi les clients. 

Et puis il m'a serré la main...

Avant de partir, il m'a glissé à l'oreille qu'il se dirigeait vers l'hôpital pour rendre visite à sa mère très malade.

22 juin 2017

L'accordéoniste

A Cordoue, en Andalousie, Le pont romain qui enjambe le Guadalquivir permettait de desservir la ville. C'est un ouvrage antique admirablement restauré et réservé aux piétons (et parfaitement gratuit... !!).

C'est ce lieu qu'à choisi l'accordéoniste pour y exercer son art avec virtuosité tous les matins. Vous ne pouvez pas vous tromper, il n'y a que lui et on l'entend de loin. Ce croquis rapide qu'il a autorisé et signé semblait l'avoir rendu guilleret. Son instrument s'était soudain emballé, il résonnait à plein poumon, le soufflet envoyait les sons au loin pendant que je dessinais, les gens souriaient, parfois fredonnaient. Moment magique.

Par la suite, quand j'y retournais, un signe, un sourire, un clin d'oeil.. Connivence discrète, parfaitement gratuite de deux étrangers qui se reconnaissent le temps d'un instant.

5 juin 2017

PUB




Une fois n'est pas coutume : voici une petite page publicitaire.



Près de Strasbourg, à Vendenheim, il est une fée qui d'une officine de comptable a fait un salon où l'on pratique allègrement un péché capital répondant au doux nom de GOURMANDISE. Son enseigne : DOUCEUR ET GOURMANDISES invite le chaland, toute honte bue, à se perdre et se damner dans le sucre et la délectation.

Curieusement, et au risque de me mettre en péril en l'avouant sur la place publique... mais je l'ai vu, de mes yeux vu : les femmes y sont très largement majoritaires !!

Outre l'accueil chaleureux et la diversité des plats, Myriam reçoit des personnes qui proposent des activités diverses et variées pour petits et grands ainsi que des expositions de peintres amateurs. C'est dans ce cadre qu'elle m'a généreusement proposé ses murs durant le mois de juin et je l'en remercie vivement. 


28 mai 2017

Page de carnet

Mon carnet ne me quitte jamais et je l'utilise au gré de mes envies. Ici une fleur que je ne connais pas, peinte directement à la chinoise, là un personnage qui attend, un arbuste isolé ou un massif de fleurs.

 En visitant le musée de la verrerie de Meisenthal (Moselle), (vous savez les fameuses boules de Noël qui changent de forme chaque année), j'ai pu croquer un de ces fours qui contient du verre en fusion à une température effroyable. Les ouvriers sont des artistes magiciens aux gestes précis. Ils font vivre un instant la matière inerte, le temps de lui imprimer les formes voulues, de lui insuffler une âme et d'en faire un objet d'art qui, avec un peu de chance, traversera les générations et deviendra le témoin de notre époque.

7 mai 2017

Y a une route


Qu'est-ce qui l'a poussé à partir ? La foi ? Un voeu ? Une promesse ? Un défi ? Le besoin de réfléchir, de remettre le compteur à zéro ?... Ses priorités sont devenues primaires, organiques : manger, dormir, ménager son corps, ses pieds... La solitude recherchée, acceptée, parfois partagée, les centaines de kilomètres d'efforts et d'inconforts, la chaleur du soleil, les gifles d'une pluie froide et pénétrante, le vent traversant... Tout ça pour quoi ?

Pour laisser bouler les pensées dans sa tête et suivre instinctivement les flèches jaunes et la petite coquille bleue à rayons dorés. Parfois, dans les endroits brumeux,  un cairn signale le panneau. Solidarité muette des gens du chemin qui savent qu'une erreur de direction se paie cash.

Il a choisi de prendre la vitesse à contre-pied. Il prend son temps, regarde, écoute, respire, s'émerveille d'un rien les bons jours, peste contre lui les mauvais. Son but ? Arriver à destination bien sûr, tout là-bas en Galice. Entrer dans la cathédrale certes.... Peut-être pousser jusqu'à Finistera, le cap ultime, la fin de la terre et sacrifier au rituel en brûlant ou en clouant sur un poteau destiné à cet usage un vêtement qu'il aura porté durant son périple. Mais pas que... Y a aut' chose.

25 avril 2017

Essai de structuration


Voilà, c'est un essai dont voici les étapes de la réalisation. Au départ, il y a une idée du genre : "je voudrais représenter un bout de colline boisée et une sente qui mène en haut".

- Fixer sur un support une feuille de papier aquarelle, pur coton, d'environ 19 cm x 15 cm à l'aide d'un papier adhésif.

- Mouiller copieusement la feuille.

- Avec un gros pinceau, lâcher les couleurs (ici jaune, rose-violet, vert, terre de Sienne brûlée.

- Faire circuler les pigments en penchant dans tous les sens le support.

- Avec un pinceau plat modérément humide, commencer à structurer les mélanges en enlevant de-ci, de-là des pigments.

- Laisser sécher une nuit.

- En ne perdant pas de vue l'idée de départ, à partir des taches obtenues, préciser ici et là des couleurs, en retirer ailleurs, structurer petit à petit ce qui se passe sur la feuille en se laissant guider par son inspiration, en tirant profit de l'agencement des formes qui se présentent. Ajouter des pigments, en retirer avec un pinceau humide, sécher un détail avec un bout de mouchoir en papier, étaler en brouillard avec un pinceau sec et dur, remouiller un endroit pour y poser des pigments ou en retirer, gratter avec un morceau de plastique... Rester imaginatif, tout est permis.

- Le plus difficile : décider quand l'aquarelle est terminée.

14 avril 2017

Mise en train


Le we dernier, j'ai participé à un stage de croquis forestier encadré par Laurent Willeneger, un aquarelliste naturaliste Suisse, dans la Réserve Naturelle Nationale de Chalmessin, dans le sud haut-marnais. Pour en savoir davantage sur cet endroit paradisiaque, c'est ici   > reserve-chalmessin.org

Le premier exercice a consisté à tracer un cadre et d'y placer avec exactitude un élément forestier au préalable repéré à travers une fenêtre découpée dans un carton. C'était une sorte de mise en train pour assouplir les doigts, la main, le bras et réhabituer l'oeil à regarder "autrement" un sujet à dessiner puis à peindre.

Une extrémité d'arbre mort avec son écorce moussue en lambeaux a fait l'affaire. J'avais utilisé sans le faire exprès un papier un peu pelucheux qui convenait bien à ce type de croquis.