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18 juillet 2018

Fracture




Parfois, c'est l'homme qui ouvre les hostilités, alors ça s'appelle une carrière. Au pied de la colline, de puissantes machines qui font penser à des scarabées la grignotent petit à petit.

   Mais il arrive aussi qu'elle n'a besoin de personne. D'énormes tensions internes dues aux gels successifs, aux ruissellements sous-terrains, aux sécheresses torrides,  aux imperceptibles mouvements de l'écorce terrestre déséquilibrent par petites touches et pendant des siècles ou davantage une cohésion qu'on croit éternelle. Et un jour, sans prévenir, pffuiit.... La terre se fracture brusquement et des millions de tonnes de rochers dévalent la pente dans un immense nuage de poussière semant le chaos. Et puis le silence et le calme reviennent, la vie reprend timidement, puis s'enhardit. Un nouvel équilibre s'est installé. Un village vit paisiblement sur l'autre versant.

7 juillet 2018

Essai











Alors voilà, je viens de changer de machine et les boutons ont changé de nom et de place et faut que je réapprenne à conduire. En attendant que de nouveaux automatismes s'installent, je me hasarde à un premier essai avec deux pages de carnet faites chez des amis à Juigné sur Loire, à côté d'Angers.

Les fleurs et feuilles de la seconde page sont réalisées directement au pinceau (à la chinoise), un exercice que j'aime bien car il ne souffre aucune retouche.


18 juin 2018

Chez Nanou



"Mais c'est chez Nanou !... Viens voir chéri, c'est chez Nanou !.... Oh, mais je reconnais, c'est chez Nanou !...
- C'est qui Nanou ? 
- Ben, c'est la dame qu'habite là !!".

Peut-être vous est-il déjà arrivé de tout comprendre de travers, d'avoir l'impression que la journée est décidément placée sous le signe de l'incompréhension, que la réalité la plus banale vous glisse entre les doigts ?

Je fus invité le 10 juin dernier à participer à une manifestation "Peintres dans la rue" à Lafauche, charmant petit village haut-marnais. Quelques semaines auparavant, j'avais bien reçu toutes les instructions, modalités, horaires etc... Mais lues partiellement puis égarées, j'avais pensé qu'il s'agissait de peindre un petit bout du village et  j'avais opté pour un coin des ruines du château féodal qui coiffe Lafauche...

Et bé non, on pouvait peindre ce qu'on voulait, comme on voulait mais pas où on voulait et on m'avait assigné une place restante à mi-pente dans une rue vu mon arrivée tardive après des remontrances véhémentes de l'organisatrice, l'index pointé dans un mouvement vertical de va et vient : "T'as don pas lu c'que j'tai écrit ?!! C'était bien la peine..."

Sentiment diffus de culpabilité et de grande solitude de l'élève qui reste seul à ne pas comprendre des consignes élémentaires.

Me suis donc planté devant chez Nanou. C'est la dame qui habite là derrière le portail et c'est évident pour tout le monde.

8 juin 2018

Courrier à pétales


J'ai préféré attendre d'avoir un petit peloton d'enveloppes plutôt que les envoyer par ordre d'arrivée.






Il arrive parfois que certaines personnes se prêtent au jeu et se prennent le temps de m'envoyer une enveloppe fleurie. Curieusement ce sont des femmes. Faut-il en conclure que la peinture à l'eau est une activité féminine ? Celle-ci vient de la Pointe de Grave (extrémité septentrionale du Médoc et du département de la Gironde). "Tu vois que je suis nulle pour dessiner les fleurs" m'écrit-elle. Je vous laisse juge.





En voici une (recto / verso) qui a été faite en Chine mais envoyée depuis la France car il est parfois difficile de se procurer des timbres dans certains pays comme l'indique la petite note à gauche sur le verso.





Alors que je terminais ce bleuet des champs pendant une exposition locale, un couple intéressé par la démarche me dit : "Ah mais nous partons prochainement en Corse. Si vous...." Et  revoilà ce bleuet voyageur qui revient d'Ajaccio. Savoir laisser du temps au temps dans ce monde où tout est monnayé donne à penser que malgré tout, il existe encore du beau monde sur terre.



L'hibiscus et la bourrache reviennent de Porto Moniz, sur l'île de Madère, l'île aux fleurs.




Quant à ces deux branches de cerisiers en fleurs, elles arrivent tout droit d'Italie : l'une du Vatican et l'autre d'Alberobello dans les Pouilles. Un petit indice vous permettra de faire la part des choses.


Cette dernière a été postée à Prague. Le tampon "prioritaire" n'est qu'un clin d'oeil effectué en France avant le départ en République Tchèque.

Grand merci à toutes ces personnes qui savent encore prendre du temps en vacances.

23 mai 2018

Magie des lieux



Ervy-le-Châtel surplombe la vallée de l'Armance dont le paysage plat, lisse et calme offre une espace panoramique à la vue et au vent. Ce jour-là, il n'y en avait pas. Le temps était serein et invitait à la rêverie vagabonde.



A un trait d'arbalète, l'église de Chessy-les-Prés dans un décor bucolique.

Ervy, Chessy, ces noms fleurent l'ancien français qui avait fixé des origines latines bien plus anciennes : Arviacus pour le premier et Cassiacus pour le second, noms d'hommes qui ont probablement donné le leur  à ces endroits... 

L'esprit s'évade, magie des lieux.

16 mai 2018

Petite dernière



Une petite dernière avant la route... Cette page a été réalisée la dernière après-midi de stage à Ervy-le-Châtel chez Sylvie Vernageau. Il s'agissait de travailler surtout dans l'humide à partir d'une oeuvre de Jean Dotaro.

Plaisir de voir fuser les pigments en liberté... surveillée.

6 mai 2018

Ervy-le-Châtel (suite)

Ce qui m'a bien plu lors du stage chez Sylvie Vernageau, c'est la concision de ses consignes.



Ici, le but n'était pas d'obtenir une aquarelle aboutie mais de réaliser avec une économie de couleurs une diversité de nuances et de jouer avec la lumière et les ombres.
Couleurs utilisées  : jaune auréoline (ou primaire) + gris de payne pour les verts.
                              vert émeraude + violet pour les gris bleutés
                              blanc du papier et une touche de rouge pour réchauffer un peu l'ensemble.

J'avoue que jusqu'à présent, j'hésitais à me servir du gris de payne qui a tendance à "salir" les couleurs et j'étais loin de m'imaginer qu'en l'associant assez judicieusement à du jaune, on pouvait obtenir une intéressante variété de verts.



Pour ce moyen duc, il fallait avec peu de couleurs représenter l'étonnement ou l'espièglerie de l'oiseau en travaillant le regard, les yeux.

23 avril 2018

La grappe

Je réussis peu à peu à me dégager de certaines priorités pour consacrer un peu de temps à l'aquarelle.
Je viens de passer trois jours en immersion complète à Ervy-le-Châtel (Aube) dans l'atelier de Sylvie Vernageau. Des cours bien structurés et des démos pas à pas très intéressantes à partir de photos, une ambiance sympathique et chaleureuse, bref que du bonheur !!



Le premier exercice fut une grappe de raisin à représenter le plus exactement possible. En effet, s'il peut être parfois intéressant de peindre directement ou en s'aidant de quelques traits de repère, il est indispensable de revenir aussi aux fondamentaux.

L'exercice fut également l'occasion, au passage, de "percer" le mystère de l'effet de pruine sur les fruits, d'obtenir une gamme de verts d'une manière plutôt inattendue et quelques autres petites techniques ou "trucs" ou "recettes" pouvant ici ou là agrémenter un peu le plat principal.

4 avril 2018

Courrier végétal

Comme le courrier se fait rare ces temps-ci, je vide ma réserve.



Tout d'abord, la plus récente par ordre d'arrivée et paradoxalement la plus ancienne puisqu'elle porte le numéro 1. Elle est partie de Campitello di Fassa en Italie avec un beau timbre représentant un paysage des Dolomites.




Les deux suivantes viennent de La Fortuna au Costa Rica. Il n'y a pas d'adresse et donc pas de facteur dans ce pays. Les postes semblent rares et servent surtout pour les liens avec l'étranger ; elles font aussi office de banque d'après ce que j'y ai vu. Pour le courrier et les colis entre habitants, tout à l'air de se faire par le bouche à oreille et la débrouille. C'est curieux et assez déstabilisant.



Enfin la dernière... Elle m'est chère parce que rare vu qu'elle vient de l'Île de Pâques.

24 mars 2018

Croquis d'après Elizabeth Tuckett



Dans la petite bibliothèque de l'espace détente / lecture de l'hôtel, en feuilletant un ouvrage consacré à la peinture, quelques croquis à l'encre d'Elizabeth Tuckett m'ont donné envie de les reproduire et de les aquareller légèrement pour les rendre un peu moins austères.



Je n'avais jamais entendu parler de cette femme et glouglou ne m'en apprend guère davantage car tout est en anglais. J'ai toutefois cru comprendre qu'en séjournant au Tyrol et dans les Dolomites, elle avait tenu un carnet de voyage et j'ai aimé ses croquis assez dépouillés et beaux.

16 mars 2018

Crayonné



Sur les murs de l'espace lecture et détente de l'hôtel, quelques tableaux d'un peintre local : Renato Fuccini. Ses peintures font penser à celles de Vlaminck. Ce monsieur fait aussi des aquarelles et des dessins au crayon.

Le temps était froid, maussade, neigeux... Un temps à sortir le carnet pour reproduire ce que j'avais sous les yeux c'est à dire un crayonné avec un stylo à bille. Un pinceau humide a ensuite suffi pour étaler l'encre aux endroits voulus.

9 mars 2018

Le guetteur




C'est probablement une constante qui semble universellement présente dans toutes les cultures que de peupler l'imaginaire forestier de créatures difformes et surnaturelles.

J'ai trouvé ce petit bonhomme en bois sculpté et peint d'environ 80 cm de haut à l'entrée d'un espace lecture d'un hôtel italien quelque part dans les Dolomites. Comme je le trouvais sympathique et que le temps était blanc et froid ... A ses pieds, une plaque en cuivre gravée en italien et en allemand dit ceci :

Le peuple des hommes de la forêt.
Le guetteur surveille sur un rocher solitaire 
et il envoie un message à son peuple à l'aide d'un cor

19 février 2018

Curiosités costariciennes


Tout d'abord cet arbre-tomate. Ses fruits comestibles ressemblent assez au-dit légume.
Et puis ce lézard gras et dodu qui a une forte tendance à se confondre avec  son support par mimétisme. Cela fait drôle lorsqu'on s'aperçoit qu'on a mis sa main à quelques centimètres de l'animal sans s'en être rendu compte.



Sur le fleuve Sarapiqui un oiseau-serpent se faisait sécher les ailes au soleil. Il doit son nom à sa façon de nager, sa tête et son bec fendent l'eau à la manière d'un reptile. Et puis ces crocodiles qui peuvent atteindre 6 mètres de long. Leur grande placidité n'est qu'apparente car ils peuvent se retourner en quart de seconde ne laissant guère de chance à une éventuelle proie qui ne les aurait pas aperçus. Très impressionnant !


Et puis les iguanes, énormes lézards qui semblent sortis tout droit de la préhistoire. Plusieurs variétés et plusieurs tailles (2 mètres et plus à 50 cm). La plupart d'entre eux vivent sur des arbres, ils sont végétariens. Les plus petits sont assez sociables. On peut en voir sur les trottoirs ou sous des voitures garées. Personne n'y prend garde, ils font partie du quotidien.


                       "L'esprit de la tolérance est l'art d'être heureux en compagnie des autres".

De passage dans une école primaire (les enfants étaient en vacances), j'ai été attiré par un ensemble de petits textes sur la tolérance affichés aux murs. Les élèves pouvaient apprendre ou retenir par imprégnation les messages de leur choix. Et je me suis dit qu'ils étaient dans le vrai en se positionnant dans la durée et non pas dans l'événementiel, le passager, le jetable, la journée machin, la journée chose etc... oubliée dès le lendemain.

11 février 2018

Paresseux et cacao


Parmi les nombreux animaux sauvages rencontrés au Costa Rica, il y a le paresseux, petit nounours très sympathique qu'on peut trouver suspendu par ses quatre pattes à une branche. Comme il ne bouge pratiquement pas, c'est un régal pour qui veut le croquer. Plus vif est le "sargento", à peine plus gros qu'une hirondelle. Il est d'un noir luisant avec une tache rouge caractéristique sur le dos. Une merveille !!

Les cabosses de cacao sont d'abord des petites capsules vertes. Et puis elles grossissent jusqu'à atteindre la taille d'une petite poire ovale qui devient jaune-orangé. A l'intérieur, il y a des fèves blanches de la taille de dragées que l'on recueille et qu'on laisse fermenter 7 jours, puis sécher pendant 3 semaines. Elles sont ensuite torréfiées (chauffées comme des châtaignes) pendant une vingtaine de minutes. Ecrasées, c'est une poudre brune. En la mélangeant à de l'eau chaude, on obtient un liquide amer et imbuvable pour les gosiers européens. Ce cacao était réservé aux nobles et principalement dans les cérémonies religieuses. C'était le breuvage des dieux.

Les colons y ajoutèrent du sucre, du lait, de la cannelle et le succès de cacao fut immédiat à la cour d'Espagne et se répandit en Europe.

L'étymologie populaire, à cause de l'aspect et du goût a fait remonter le mot "cacao" à "caca agua" > caca eau > cacao. Ce serait en fait un nom d'emprunt dérivé du maya "kakaw".

4 février 2018

Costa Rica (suite)


J'avais croqué rapidement cette statue, profitant d'un arrêt à San José. Don Pepe est le surnom affectueux donné à José Figueres Ferrer qui a occupé deux fois la charge de président de la République de 1953 à 1958 et de 1970 à 1974. Sous son mandat, les femmes et les noirs ont obtenu le droit de vote et l'armée fut abolie.

Au musée de l'or, cette petite table à faire de la pâte taillée dans une roche volcanique à l'époque précolombienne.

Plus loin, lors d'un arrêt à Cartago au sud de San José un petit croquis de fidèles à l'église. L'homme tient un poupon dans ses bras. Très croyantes, certaines personnes avançaient à genoux dans l'allée centrale.



San Gerardo de Dota est situé en altitude. Nous étions logés dans des cabanons (lodges) environnés de fleurs et d'oiseaux. La petite personne en bleu est une femme en prière à l'église de Cartago.

29 janvier 2018

Costa Rica



Pardon pour ces photos brut de fonderie mais j'ai un souci avec le logiciel de Picasa  et  je ne peux plus les rendre présentables. 

Le Costa Rica (environ 4,5 millions d'habitants) est situé en Amérique Centrale entre le Panama au sud et le Nicaragua au nord. A l'est, la mer des Caraïbes d'où viennent les alizés et à l'ouest l'Océan Pacifique. Entre les deux, environ 120 km à vol d'oiseau et au milieu une cordillère formée par un alignement de volcans toujours plus ou moins en activité. Le climat, bien que tropical en plaine devient vite plus tourmenté en altitude et une petite laine et un imperméable sont de mise.

 La région est sortie de l'eau poussée par la rencontre de plaques tectoniques et la terre frissonne souvent quelques secondes, parfois elle tremble plus ou moins violemment. La capitale, San José est située à peu près au centre.

 Le pays vit principalement d'agriculture (café, cacao, riz, ananas et autres agrumes, canne à sucre etc...) et surtout du tourisme. Il n'y a pas d'armée et la police semble discrète. L'écologie est omniprésente, pas de décharges sauvages, des rues propres... C'est l'un des rares pays de la région, peut-être le seul où l'eau du robinet est potable et les ennuis gastriques incontournables pour beaucoup d'Européens sont surtout dus à un excès de consommation de fruits qui sont plus que délicieux. (Des ananas gros comme ça ! Et fondants et sucrés, gorgés de jus !!! Comment y résister ??).Quant à la nourriture, il est difficile, presque sacrilège de ne pas en reprendre. Alors, parfois le ventre se relâche, péché de gourmandise oblige.

19 janvier 2018

Courrier d'ici et d'ailleurs


Et voilà une nouvelle série d'enveloppes reçues ces dernières semaines. Le thème floral commence à s'élargir pour devenir, soyons fous, botanique.


Une bourrache venant de Nantes et une variété de campanules postée à Méribel.


                                                             Nouvelle Calédonie.

La salicaire < lat. salix, saule, ainsi appelée à cause de la ressemblance des feuilles à celles du saule (Littré).
Je ne connaissais pas cette fleur trouvée en bordure de Meuse. Après quelques recherches, il s'avère qu'elle est fréquente dans les milieux humides (fossés, rives, marais etc...).



Une bonne surprise cette enveloppe imprimée venant de la Guadeloupe avec le pont du Gard qui semble relier l'île à la métropole.


L'aubépine dessinée l'automne dernier est partie jusqu'à Ushuaïa (la ciudad mas austral del mundo -c'est écrit sur le tampon-) pour revenir jusqu'ici un peu fatiguée du voyage. On le serait à moins.


Ce cinorrhodon, fruit de l'églantier, appelé plus communément "gratte-cul" a été envoyé depuis Santiago  (Chili). Il a subi quelques dégâts des eaux.

Grand merci à celles et ceux qui ont bien voulu s'encombrer de ces enveloppes et fait l'effort de me les retourner.

27 décembre 2017

Fin de saison



Fin octobre ou début novembre, je ne sais plus... Les beaux jours étaient comptés. Il fallait en profiter avant la grisaille et le froid à venir. La nature le savait et s'était mise sur son trente et un en se montrant sous ses habits de lumière. Même la Meuse, d'ordinaire très sobre, avait quitté son éternel uniforme kaki pour une vêture plus seyante, plus voyante, plus gaie, histoire de ne pas être en reste, de faire bonne figure ...

Il ne fallait surtout pas rater ce ruissellement de lumière et essayer d'en capturer un bout pour se réchauffer les yeux et le coeur pendant les mauvais jours.

Je vous souhaite un joyeux réveillon et une belle année 2018 remplie de p'tits bonheurs.

12 décembre 2017

Espiègleries




Pour les fêtes de fin d'année et pour célébrer la nouvelle qui suit, j'adresse régulièrement à quelqu'un de la famille une petite aquarelle dont le sujet, issu de l'ouvrage réalisé par David Riché et Anna Franklin : "Peindre le monde des fées à l'aquarelle, éd. Ouest France 2005" est remodelé à ma façon.

Voici donc une petite fée mi-libellule, mi-amphibie espièglement juchée sur un bolet satan  suivie d'une partie de l'enveloppe tout aussi boisée dans laquelle elle voyagera.

8 décembre 2017

Copie d'impressions



Comme toutes les rivières, les bords de Meuse sont peuplés de grands arbres dont le système racinaire peut atteindre des longueurs impressionnantes. Je suis toujours émerveillé par ces réseaux complexes et puissants que la végétation, comme un mille-pattes géant, est capable de mettre en oeuvre pour s'adapter au milieu et survivre.

Ces lieux à la frontière de l'eau et de la surface, que d'aucuns qualifient de glauques, hébergent une faune discrète totalement adaptée au milieu. Il suffit de rester immobile pendant quelques minutes et c'est l'éclair du ventre argenté d'un poisson, le sautillement espiègle d'un minuscule oiseau qui se faufile rapidement entre les interstices à la recherche de nourriture. Parfois une masse sombre passe en nageant sans bruit, ouvrant devant elle un grand V. C'est un rat d'eau. A la moindre alerte, l'eau se referme sans bruit sur lui et il refait surface quelques mètres plus loin.

En septembre dernier, j'avais pris une photo de cet endroit avec l'intention de l'aquareller... Quelques jours plus tard, alors que je discutais avec un couple de marcheurs de rencontre, ils me montrèrent la photo du même site, me firent part des mêmes impressions... Curieux non ?

Aquarelle hors cadre environ 30 cm x 20 cm. Papier Arches, coton, 300 g, grain fin.